Une maladie complexe et fatale
La maladie de Sanfilippo est une maladie métabolique qui résulte d’une mutation génétique. Chez les personnes atteintes, l'enzyme HGSNAT, mutante, ne se replie pas comme elle devrait le faire, ce qui l’empêche de remplir sa fonction. Ainsi, une autre molécule, l'héparane sulfate, s'accumule dans le cerveau, causant la mort des neurones et menant à la démence. «Concrètement, c’est un peu comme la maladie d’Alzheimer, mais qui surviendrait chez un enfant de deux ou trois ans, illustre Alexey Pshezhetsky. À partir de cet âge, les enfants stagnent dans leur développement, puis régressent, jusqu’à en décéder vers la fin de l’adolescence.»
Bien qu’il n’existe aucun traitement contre cette maladie, on fonde beaucoup d’espoir sur la thérapie dite «chaperonne». Celle-ci consiste à administrer une petite molécule qui s’intègre à l’enzyme mutante et l’aide à se replier correctement afin qu’elle retrouve une fonction normale. Or, pour trouver la molécule qui est la mieux à même de s’intégrer à l’enzyme, il est nécessaire d’avoir un modèle fiable de sa structure – ce que l’équipe est parvenue à faire en ayant recours à la cryomicroscopie électronique.