Des échantillons de cheveux sont prélevés pour évaluer le stress
Pour réaliser cette étude, les chercheurs ont interrogé 954 personnes au moment du référendum sur le «mariage pour tous» en Suisse, et ont également recueilli des données biologiques à partir d’échantillons de cheveux de 393 d’entre eux, un processus dirigé par Juster de l’UdeM.
Ils ont constaté que les cheveux des personnes LGBTIQ+ et de leur entourage hétérosexuel cisgenre présentaient des niveaux considérablement plus élevés de marqueurs biologiques de stress tels que le cortisol et la cortisone pendant la campagne comparativement aux niveaux retrouvés avant ou après celle-ci.
Le stress perçu, cependant, n’a augmenté dans aucun des deux groupes.
Ce phénomène pourrait s’expliquer par le fait que le stress perçu est influencé par de nombreux facteurs comme le stress au travail ou à la maison ou, pendant l’étude, le stress causé par la pandémie de COVID-19. Alors que la campagne référendaire a laissé des traces dans les marqueurs biologiques du stress, les gens ont peut-être sous-estimé leur niveau de stress dans les questionnaires auxquels ils ont répondu, suggèrent les chercheurs.
L’étude montre que les arguments et les déclarations de personnes en défaveur de l’égalité du mariage ont eu un effet négatif sur les niveaux de stress biologique des personnes LGBTIQ+ et de leurs alliés, mais que cet effet s’atténuait lorsqu’ils recevaient plusieurs déclarations de soutien de la part de personnes en faveur de l’égalité du mariage.
«La campagne en faveur de l’égalité du mariage a manifestement contribué à atténuer les conséquences de la discrimination sur la santé», conclut la maîtresse de conférences en psychologie de l’université de Zurich, Tabea Hässler, qui a codirigé la recherche.
«Cependant, les données de notre étude montrent également que l’engagement dans la campagne n’a pas toujours été exempt de conflits. Cela illustre l’importance de l’équité dans les relations interpersonnelles afin d’améliorer la santé des populations minoritaires.»