L’importance de l’évaluation spirituelle dans les soins de santé
Le professeur Jean-Marc Barreau insiste sur l’importance d’intégrer dans la formation des futurs intervenants et intervenantes en soins spirituels la notion de santé globale. «Si l’on réfléchit à la santé du patient, on va s'apercevoir qu’il est susceptible de vivre une sorte de détresse qui peut avoir des ramifications spirituelles. Si tel est le cas, on va essayer de soulager cette détresse spirituelle pour faire en sorte que la détresse générale soit moins grande», explique-t-il. Le professeur donne pour exemple ces représentations mortifères que les patients peuvent avoir au sujet de la transcendance. Représentations qui nourrissent une culpabilité et qui exigent une intervention judicieuse en soins spirituels. Il évoque notamment le cas de patients qui associent leur maladie à une punition divine, une croyance qui peut causer une souffrance spirituelle supplémentaire. L’évaluation spirituelle permet donc de détecter ces fausses croyances et de travailler avec les patients pour les libérer de ce poids infécond, favorisant ainsi un apaisement global. «C’est vrai pour tout patient, mais plus encore pour celles et ceux qui sont admis aux unités de soins palliatifs», déclare le professeur.
«Il s’agit d’une évaluation spirituelle et non d'une évaluation religieuse», insiste Jean-Marc Barreau. Selon lui, cette distinction est essentielle pour intégrer la spiritualité dans la dynamique interdisciplinaire des soins de santé. «Si la spiritualité n'était que religieuse, elle serait extérieure à l'interdisciplinarité, elle resterait confessionnelle, ajoute-t-il. En la distinguant de la religion, on permet au personnel de la santé – qu'il s'agisse d'infirmières, de médecins ou de psychothérapeutes – de s'approprier cette dimension et donc de contribuer, dans une saine collaboration avec les intervenantes et intervenants en soins spirituels, à une prise en charge générale du patient.»