Une forte présence dans des cellules requises pour l’établissement de la tolérance au soi
Les lymphocytes T sont des cellules immunitaires mobilisées dans l’élimination des cellules infectées et des cellules cancéreuses. Le «T» renvoie à l’organe dans lequel ils complètent leur développement: le thymus. C’est à cet endroit qu’ils apprennent à tolérer les cellules normales du corps (c’est-à-dire le soi) et à détecter les envahisseurs comme les agents infectieux ou les cellules cancéreuses (le non-soi).
De façon intéressante, des fragments d’ADN appelés «éléments transposables» sont exprimés à des niveaux plus élevés dans certaines cellules du thymus que dans le reste du corps. Qualifiés de «parasites génétiques», les éléments transposables sont des vestiges d’infections virales qui représentent environ 45 % du génome humain. Le fait que leur activité est plus grande dans le thymus soulève une question importante: les éléments transposables ont-ils un rôle à jouer dans le développement des lymphocytes T?
Pour répondre à cette question, le groupe du laboratoire de Claude Perreault a effectué des analyses multiomiques – c’est-à-dire qu’il a eu recours à un ensemble de techniques permettant d’analyser plusieurs milliers d’indicateurs simultanément et d’en dégager une vue d’ensemble – dans des cellules thymiques humaines et murines. Les données obtenues révèlent que l’expression des éléments transposables dans le thymus humain varie d’un type cellulaire à l’autre de même qu’au cours du développement. Deux types de cellules expriment fortement les éléments transposables: les cellules épithéliales thymiques médullaires et les cellules dendritiques plasmacytoïdes. Ces deux populations cellulaires sont essentielles à l’établissement de la tolérance au soi chez les lymphocytes T.