La prévention est essentielle dans une approche à long terme. Les actions répressives ne sont efficaces que sur le court terme: elles permettent d’effectuer des arrestations et de réduire momentanément la violence armée, mais elles ne résolvent pas le problème en profondeur.
Il est capital d’investir dans des efforts de prévention dès le plus jeune âge. Des programmes scolaires visant à développer des compétences sociales, la communication et la résolution pacifique des conflits pourraient contribuer à prévenir de nombreux problèmes sociaux, bien au-delà des questions liées aux armes à feu. Le soutien parental est aussi indispensable. Certains parents manquent de ressources ou d’outils pour encadrer leurs enfants aux prises avec des problèmes de comportement. Des programmes d'accompagnement familial pourraient pallier ces lacunes.
Ensuite, on tient pour acquis que nul n’est censé ignorer la loi. C'est un beau principe qu’il faudrait concrètement enseigner aux adolescents. Il faudrait leur expliquer quels comportements sont attendus, quels autres ne sont pas acceptables et les conséquences qui en découlent. À l’adolescence, il est également important d’apprendre aux jeunes à résister à la pression de leurs pairs.
Enfin, pour les jeunes qui ont basculé dans la criminalité, les intervenants de proximité jouent un rôle clé. Ils peuvent établir des liens avec ces jeunes, les amener à réfléchir à leurs choix et proposer des solutions pour répondre à leur besoin de sécurité ou de valorisation sans avoir recours aux armes.
Les stratégies de désescalade des conflits, menées par des médiateurs, peuvent en outre contribuer à apaiser des situations potentiellement violentes. Si un médiateur a l’impression qu’une fusillade est en train de s'organiser en lien par exemple avec des ennemis dans des groupes criminalisés, il va essayer de calmer le jeu en disant par exemple: «Vous allez attirer l'attention de la police si vous faites cela et ce ne sera pas nécessairement bon pour vous, cela risque de mettre en danger les jeunes de la communauté.»
En résumé, une combinaison de ces différentes stratégies est nécessaire pour réduire la violence armée à long terme.