L’économie morale de la dette étudiante
Pour analyser le phénomène par lequel s’est imposée la logique de l’acceptation de s’endetter pour étudier, Jean François Bissonnette fait appel au concept d'économie morale. Cette approche permet d’examiner les relations économiques sous l'angle de leur perception comme étant justes ou injustes.
«Dans le cas de l'endettement étudiant, cette perspective révèle une profonde ambivalence, indique l’auteur de l’étude. D'un côté, la dette est perçue comme légitime, car le diplôme est vu comme un investissement qui rapportera plus tard, mais de l’autre côté, cette logique conduit à accepter un mode de vie basé sur l'endettement à long terme.
«Cette ambivalence se trouve dans la nature même de la dette, qui comporte une forte connotation morale liée à l'obligation de remboursement et au sentiment d'être redevable, poursuit-il. L'approche de l'économie morale permet ainsi d'examiner les motivations qui poussent à accepter cette condition d'endettement, mais aussi de comprendre comment cette acceptation peut basculer vers la contestation.»