Une question de simplicité
La méduse Turritopsis dohrnii peut retourner au stade de polype – de «bébé» – à l’infini, pouvant ainsi rajeunir et vivre éternellement. L’axolotl, une sorte de salamandre, conserve ses traits juvéniles et peut se reproduire dans son état larvaire caractérisé par des branchies. Plusieurs poissons peuvent faire repousser des nageoires et des araignées des pattes. Certaines étoiles de mer sont en mesure de reconstituer un nouveau disque complet à partir d’un seul bras et d’un fragment du disque central. Les planaires, des vers plats aquatiques, ont une capacité illimitée à se régénérer grâce à leurs cellules souches.
Qu’ont en commun toutes ces créatures? Ce sont des poissons, des amphibiens, des invertébrés, bref des animaux somme toute primitifs, appartenant au groupe des anamniotes (qui n’ont pas de sac amniotique à l’état embryonnaire).
Plus précisément, ce sont des espèces qui présentent un système immunitaire plus simple que celui des mammifères, de sorte qu’il ne déclenche pas de réaction inflammatoire aussi complexe que chez les amniotes, limitant la formation du tissu cicatriciel. «Elles ont par conséquent plus de facilité à régénérer un membre, puisque, lorsque les cellules se divisent pour reformer une partie du corps, il n’y a pas de réaction immunitaire aussi intense qui empêche cette reconstruction», dit Claire Vergneau-Grosset.
Donc, indique la vétérinaire, ces êtres ont des capacités particulières non pas parce qu’ils sont dotés d’une biologie plus évoluée que celle des mammifères, mais plutôt parce que leur système immunitaire est plus permissif. Par exemple, les araignées arrivent à faire repousser leurs pattes en raison de la simplicité de leur anatomie: une enveloppe (composée de chitine) remplie de fluide (l’hémolymphe). Lors de la mue, la chitine crée une nouvelle patte et l’hémolymphe ne fait que remplir le nouveau vide.