Une chaire inspirée par deux décennies d'observation des effets de la contractualisation sur la profession enseignante
La création de cette chaire a pour origine une étude dirigée il y a près de 20 ans par Martial Dembélé au Burkina Faso, au Mali, au Niger et au Sénégal. À l'époque, il s'intéressait avec son équipe à la formation et à la gestion du personnel enseignant du primaire et ils ont rapidement perçu les effets des politiques de contractualisation sur le corps enseignant. «Dans les années 1990, des organisations internationales telles que la Banque mondiale et le Fonds monétaire international ont, dans une certaine mesure, imposé à ces pays une réduction de la taille de la fonction publique. Et c'était en même temps la décennie de l'éducation pour tous et il fallait donc recruter massivement des enseignants et des enseignantes pour atteindre la scolarisation universelle au primaire en 2000», explique Martial Dembélé. Pour combler ce déficit de main-d’œuvre, des contrats à durée déterminée ont été instaurés, menant à une transformation radicale du corps enseignant. «Dans certains pays, en à peine quelques années, les enseignantes et enseignants permanents ne représentaient plus que de 10 à 20 % du personnel», observe-t-il. Cette évolution a marqué le point de départ de la Chaire.
Martial Dembélé poursuit: «Initialement, je souhaitais créer un observatoire pour suivre en temps réel l’évolution de la profession dans ces quatre pays. Deux décennies plus tard, cette chaire vise précisément à comprendre comment les politiques influencent la profession et les acteurs qui la composent. Il est essentiel de réfléchir attentivement à ces effets, car ils façonnent profondément le groupe professionnel et son avenir.»