Les craintes liées aux perturbations politiques et économiques depuis l’élection américaine ainsi que les restrictions du nombre d’étudiants étrangers pouvant être admis à l’Université ont été au cœur des Échanges avec le recteur, qui se sont tenus à l’agora Morris-et-Rosalind-Goodman du pavillon Jean-Coutu. Le recteur, Daniel Jutras, avait convié les membres de la communauté de l’Université de Montréal à échanger avec lui au cours d’une assemblée publique. La rencontre est disponible en rediffusion.
D’entrée de jeu, le recteur a abordé les inquiétudes exprimées par plusieurs membres de la communauté quant à l’incertitude engendrée par l’arrivée de la nouvelle administration à Washington et ses répercussions au pays. «Comme un peu tout le monde, j’assiste aux évènements avec une certaine anxiété. C’est difficile à absorber», a-t-il confié. Selon lui, la meilleure réaction est la mobilisation de la communauté universitaire. Il a cité en exemple les récents efforts de l’UdeM pour tirer parti de ses partenariats de recherche en Europe et les interventions médiatiques de membres du corps professoral, qui contribuent à la construction d’une vision porteuse pour le pays.
Selon Daniel Jutras, le moment est propice pour sensibiliser le public à l’importance de la mission universitaire pour l’essor de nos communautés. La crise actuelle met en lumière certaines failles de notre économie, et les universités sont particulièrement bien placées pour proposer des solutions en matière de formation des professionnels et d’innovation technologique et sociale.
Ce sujet est d’autant plus crucial, a poursuivi le recteur, que nous assistons, un peu partout sur la planète, au déclin de la crédibilité de plusieurs institutions publiques, y compris les universités. Ce thème était d’ailleurs au centre de sa déclaration annuelle, qu’il a prononcée à l’Assemblée universitaire le 4 novembre. Il estime que le monde universitaire doit se faire entendre au-delà de son propre milieu. «Nous devons être capables d’expliquer à nos concitoyens et concitoyennes ce que l’université représente pour la société, sachant qu’une partie importante d’entre eux ne fréquentera probablement jamais un établissement universitaire», a-t-il dit.
Quant aux conséquences d’un éventuel ralentissement de l’économie canadienne sur les emplois à l’UdeM, Daniel Jutras s’est voulu rassurant. «Nous maintenons un équilibre budgétaire fragile, mais néanmoins réel, a-t-il précisé. À l’heure actuelle, nous ne sommes pas du tout dans une situation préoccupante pour le personnel de l’Université et nous restons engagés à être un employeur de choix.»
L’Université explore également différentes options afin de privilégier l’achat de biens et de services à l’extérieur des États-Unis. Toutefois, il demeure très difficile de se passer de certains grands fournisseurs américains, notamment pour ce qui est des services infonuagiques, a admis le recteur.