Le Parcours de leadership: quand les dirigeants retournent sur les bancs d’école

En 5 secondes L’UdeM a lancé le Parcours de leadership, une initiative qui mise sur l’expérience collective pour renforcer la résilience organisationnelle. Une première cohorte vient de terminer le programme.
La diversité des profils réunis dans la cohorte a été une source d'enrichissement.

Conçu à la suite d'une consultation interne menée par la Direction des ressources humaines (DRH) de l'Université de Montréal et en partenariat avec l’École des dirigeants de HEC Montréal, le Parcours de leadership part d'un constat simple: à l'UdeM, on ne devient pas gestionnaire par vocation. On en assume les responsabilités souvent après avoir été professeur, chercheur ou spécialiste dans son domaine, sans nécessairement avoir reçu d'outils pour diriger une équipe. Le Parcours de leadership veut combler cette lacune en accompagnant chaque gestionnaire «de sa première journée à l'UdeM jusqu'à l'exercice d'un leadership stratégique». 

Mais au-delà de l’acquisition de compétences en matière de leadership, le Parcours coule les bases d'une plus vaste ambition: faire émerger une culture commune du leadership, capable de traverser les facultés, les services et les générations de gestionnaires.

Créer des ponts

Pour Karina Adam, directrice générale des ressources humaines et elle-même membre de la première cohorte, la consultation réalisée en amont a surtout révélé une chose: l'ouverture. «Le groupe pilote a été très ouvert dans son désir de s'outiller», résume-t-elle. La conception du programme s’est appuyée sur le fait que ceux et celles qui arrivent à un poste de gestion ne possèdent pas toujours une formation en gestion ni la connaissance globale des forces et des zones d’amélioration de l’équipe sous sa gouverne.

En réunissant des leaders de facultés et de différents services dans une même salle, le programme vise à créer des ponts tout en renforçant le sentiment d'appartenance à l’UdeM. Selon Karina Adam, «ça permet aux gestionnaires de naviguer au sein d'une organisation vaste et complexe, de mieux comprendre les enjeux stratégiques et politiques, les défis de communication et les meilleures façons de collaborer tout en ayant du plaisir en équipe», ajoute-t-elle.

Apprendre entre pairs, même après 25 ans de gestion

Du côté d'Andreea-Ruxandra Schmitzer, vice-doyenne à la Faculté des arts et des sciences et elle aussi membre de la première cohorte, l'engagement dans le programme découlait d'abord d'une proposition du doyen, mais l'expérience a largement dépassé cette simple obligation.

Ce que la formation lui a surtout apporté, c'est un espace pour prendre du recul par rapport à son rôle habituel de «chef d'orchestre». Se retrouver du côté des participantes et participants plutôt que des artisans d'un projet lui a permis de mieux saisir comment communiquer une vision, comment mobiliser les gens tout en évitant les frictions.

La diversité des profils réunis dans la cohorte a aussi été une source d'enrichissement. «J'ai senti un vrai sentiment de communauté», raconte la vice-doyenne, qui évoque le travail en groupe et le partage des visions comme les moments les plus marquants de son expérience, notamment autour des enjeux de gestion du changement et d'innovation sans épuisement des équipes.

Se redécouvrir comme gestionnaire

L'un des fils conducteurs qui traversent les deux témoignages est la surprise devant ce que le programme leur a révélé sur elles-mêmes. Karina Adam a réalisé qu'elle se surestimait dans certaines sphères de son rôle et se sous-estimait dans d’autres. «Disons qu’il y avait encore pas mal de place pour l'apprentissage», dit-elle en riant.

Michel Janosz, doyen de la Faculté de l’apprentissage continu, parle du Parcours de leadership comme d’une expérience parfois rassurante, mais le plus souvent «positivement déséquilibrante», qui lui a fait connaître des notions et des outils extrêmement utiles dans son travail et qui lui ont permis de se découvrir et de se développer sur le plan professionnel. «La qualité des formatrices et des formateurs y est pour beaucoup, mais aussi la composition de la cohorte: j’ai fait plus ample connaissance avec mes collègues et renforcé mes liens avec plusieurs d’entre eux», affirme-t-il.

Andreea-Ruxandra Schmitzer, elle, a déjà fait la promotion du programme auprès d'une gestionnaire dans son entourage. «Je lui ai dit qu'à terme la formation ferait d'elle une meilleure leader, mais aussi une meilleure personne», indique-t-elle.

Une vision à long terme

Motivée par les rétroactions positives de la première cohorte, l’équipe derrière le Parcours de leadership prépare déjà les prochaines rencontres – qui accueilleront des gestionnaires de niveaux variés. D'ici là, Karina Adam garde un œil sur des signaux simples, mais révélateurs: la présence des participantes et des participants, leur rétroaction, la confiance et la complicité qui se bâtissent en temps réel dans la salle de cours. «Le simple fait de mettre un pied dans la salle de cours nous fait évoluer», mentionne-t-elle.

À plus long terme, la DRH espère qu'une culture de leadership stratégique à tous les échelons s’enracinera à l'UdeM. Qui sait de quoi sera capable une organisation où la collaboration et le codéveloppement seront devenus des réflexes plutôt que des exceptions?

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