Changement de perspective
«Avec le changement de définition, l’obésité a enfin été désignée comme une maladie chronique à part entière», a souligné en ouverture la Dre Agnès Räkel, endocrinologue et professeure à la Faculté de médecine. Alors qu’auparavant on considérait uniquement l’indice de masse corporelle (IMC), la nouvelle définition de l’obésité clinique apporte des nuances et oblige les médecins à utiliser d’autres méthodes pour la diagnostiquer. «Plusieurs personnes vont changer de catégorie, comme les athlètes avec de grandes masses musculaires. Ça transforme complètement la lunette par laquelle on évalue les patients», a-t-elle poursuivi.
Il faut savoir que l’obésité peut nuire au fonctionnement de plusieurs organes, comme le cœur, les reins ou les poumons. Le corps médical reste toutefois frileux quant aux greffes qu’il pourrait proposer aux patients atteints d’obésité – même si cette hésitation est parfois justifiée. «Contrairement aux greffes hépatiques, cardiaques ou thoraciques, la greffe rénale a des contraintes anatomiques et les instruments sont limités», a expliqué le Dr Gregory Rembeyo, urologue et transplanteur, et professeur de clinique à la Faculté de médecine.
Pourtant, une greffe d’organe peut grandement améliorer la vie des patients. «La greffe de rein favorise la survie chez un patient obèse si on le compare avec un patient obèse dialysé et en attente d’une greffe, et ce, indépendamment de son IMC», a remarqué la Dre Räkel. La greffe de foie chez ces personnes peut entraîner davantage de complications, mais les taux de survie sont semblables à ceux de la population générale, a-t-elle ajouté.