Élargissement d’une base de données unique au monde
Le Registre de la population du Québec ancien remonte jusqu'à 1621, ce qui est assez particulier pour une base de données de cette nature. «Cette richesse de données s'explique par le contexte de la colonisation française du Québec au 17e siècle. À cette époque, la France a envoyé un flux initial d'immigrants, mais par la suite, l'immigration s'est considérablement réduite, laissant la colonie se développer principalement par accroissement naturel. Cette période semi-fermée a permis une observation unique de la population, préservant la base de données des perturbations liées à l'émigration et offrant ainsi une fiabilité statistique exceptionnelle», indique Lisa Y. Dillon, professeure de démographie à l’Université de Montréal.
Cette particularité confère au Québec une rare occasion d'analyser sur plusieurs décennies une population relativement stable, sans les biais entraînés par des mouvements migratoires importants. En effet, la précision des études est moins altérée par les départs ou les déplacements des individus, qui souvent laisseraient des données incomplètes. Cette stabilité démographique jusqu'au 19e siècle, où une partie de la population émigre vers la Nouvelle-Angleterre, a permis d'établir une continuité dans les analyses.
L’agrandissement de la base de données sur la période allant de 1849 à 1861 présente de nouveaux défis pour suivre les nouveaux mouvements de population. «L'intégration des actes des registres paroissiaux de l'Acadie et de l'Ontario nous permet de relever ce défi, du moins en partie», précise Lisa Y. Dillon.