Un miel pas comme les autres
Le miel utilisé en milieu hospitalier n'a rien à voir avec celui qu'on trouve sur les tablettes d'épicerie. Le «miel de grade médical» qui était dans la mire de Simon Matoori doit répondre à des normes strictes: provenir de sources biologiques certifiées, être exempt de tout contaminant et avoir subi une stérilisation aux rayons gamma pour éliminer les microorganismes potentiellement dangereux, notamment les spores de Clostridium botulinum.
L'un des types de miel de grade médical les plus couramment employés est le miel de manuka, produit en Nouvelle-Zélande et en Australie. «Ce miel est fabriqué par le butinage des feuilles de l’arbre à thé – le Leptospermum scoparium – et contient des concentrations élevées de méthylglyoxal, un composé aux propriétés antimicrobiennes remarquables», précise Simon Matoori.
Les recherches qu’il a scrutées montrent que le miel de grade médical agit de plusieurs façons sur les plaies: son acidité naturelle et sa forte concentration en sucre créent un environnement hostile aux bactéries et, plus surprenant encore, il peut avoir des effets soit anti-inflammatoires, soit pro-inflammatoires, selon l'état de la plaie.
«C'est fascinant de voir comment le miel interagit avec le microenvironnement de la plaie, souligne le chercheur. Dans une plaie très enflammée, il agit de façon anti-inflammatoire, tandis que, dans une plaie chronique peu active, il peut entraîner une réaction inflammatoire bénéfique qui contribue à la guérison.»