En filtrant l’eau de mer pour se nourrir, les huîtres concentrent en une zone très restreinte une grande diversité de microorganismes de leur environnement, notamment des bactéries et des virus.
À l’Institut Courtois d’innovation biomédicale, l’équipe dirigée par Frédérique Le Roux, professeure au Département de microbiologie, infectiologie et immunologie de l’Université de Montréal, s’est servie de l’huître comme d’un minilaboratoire pour suivre pendant quatre ans l’évolution de communautés microbiennes en milieu marin.
«L’huître n’est pas qu’une espèce d’élevage destinée à la consommation humaine, elle peut être aussi un outil de recherche extraordinaire pour explorer l’abondance, la diversité et les interactions de ces communautés», explique celle qui est aussi titulaire de la Chaire d’excellence en recherche du Canada en écologie, évolution et pathogénicité des microbes dans la nature.
Publiés dans la revue Nature Communications, les résultats de cette étude révèlent un paradoxe inattendu: certaines populations de bactériophages, des virus qui ne peuvent infecter que des bactéries, sont restées stables au fil des quatre années en dépit d’une activité génétique intense chez les bactéries qu’elles attaquaient.
«Malgré les pressions évolutives qui s’exercent au sein de ces communautés microbiennes, cette stabilité est surprenante dans un environnement marin ouvert, soumis aux marées et aux mouvements constants de l’eau», indique la chercheuse.
Les scientifiques s’attendaient plutôt à observer un renouvellement rapide des populations virales.
Cette découverte pourrait aider les scientifiques à mieux prédire l’évolution des communautés microbiennes dans un contexte de changements environnementaux.