Il arrive parfois que la littérature surgisse là où l’on ne l’attend pas. C’est le pari assumé de Simon Harel, professeur au Département de littératures et de langues du monde de l’Université de Montréal, qui consacre un cours entier au premier cycle et un autre aux cycles supérieurs à l’œuvre de Bob Dylan. Oui, Bob Dylan, le chanteur à la voix rugueuse, Prix Nobel de littérature, figure du folk américain et du rock contestataire, devenu objet d’étude universitaire, entre théorie littéraire et analyse de performances scéniques. Et ce pari, selon les étudiants et étudiantes qui suivent ces cours, fonctionne à merveille.
«C’est un artiste que je suis avec passion depuis au moins 40 ans, dit le professeur. Dylan traverse de nombreux domaines culturels. Il appartient à la culture dite populaire, mais il excède cette seule définition.» Dans ses cours, ce n’est pas simplement l’œuvre d’un musicien qui est analysée, mais une constellation de voix, d’époques, d’influences et de transformations artistiques.