Combler une lacune scientifique
«Toutes les estimations d'émissions de gaz à effet de serre réalisées jusqu'ici relativement aux conséquences des feux de forêt ne prennent pas en compte l’absorption du CO2 par les lacs, la façon dont ils l’absorbent, le transforment et le relâchent par la suite», explique celle qui poursuit maintenant des études doctorales.
De fait, dans la littérature scientifique qu’elle a répertoriée, aucun consensus n'existait sur cette question avant ses travaux: certaines études laissaient entendre que les lacs altérés par les incendies de forêt absorbaient davantage de carbone organique dissous, d'autres concluaient le contraire et certaines encore n'observaient aucun effet significatif.
Pour trancher la question, la chercheuse a entrepris la première étude comparative sur trois régions distinctes touchées par des feux de forêt: le Minnesota, le Saguenay–Lac-Saint-Jean et la Côte-Nord.
Comme il est impossible de prédire où se produiront les prochains feux, elle a échantillonné l’eau de 54 lacs, soit 34 perturbés par des incendies récents et 20 lacs témoins.
«Nous avons misé sur une approche comparative à partir de plusieurs échantillons d'eau en examinant notamment la couleur de l'eau et la quantité de CO₂», mentionne-t-elle.
Les prélèvements ont été effectués entre huit mois et trois ans après les incendies, ce qui a permis d'observer la persistance à moyen terme des effets des feux sur les écosystèmes lacustres.