On trouve de la caféine non seulement dans le café, mais aussi dans le thé, le chocolat, les boissons énergétiques et de nombreuses boissons gazeuses, ce qui en fait l'une des substances psychoactives les plus consommées dans le monde.
Dans une étude publiée fin avril dans la revue Nature Communications Biology, une équipe de recherche de l'Université de Montréal offre un nouvel éclairage sur la manière dont la caféine peut modifier l'architecture du sommeil et influencer la récupération – physique et cognitive – du cerveau pendant la nuit.
Cette recherche a été menée par Philipp Thölke, stagiaire de recherche au Laboratoire de neurosciences cognitives et computationnelles de l’Université de Montréal (CoCo Lab), et codirigée par le professeur de psychologie Karim Jerbi, directeur du CoCo Lab et chercheur à Mila, l’Institut québécois d’intelligence artificielle, en collaboration avec la professeure de psychologie du sommeil et du vieillissement de l'UdeM Julie Carrier et son équipe du Centre d’études avancées en médecine du sommeil.
Plus précisément, l’équipe de recherche a démontré pour la première fois, en utilisant l’intelligence artificielle et l’électroencéphalographie, que la caféine augmente la complexité des signaux cérébraux et accroît la «criticité» de l’activité des neurones pendant le sommeil. Il est intéressant de noter que ce phénomène était plus prononcé chez les jeunes adultes.
«La criticité décrit un état du cerveau, qui se trouve en équilibre entre l’ordre et le chaos, explique le professeur Jerbi. On peut le comparer à un orchestre: trop calme, il ne se passe rien; trop chaotique, c’est la cacophonie. La criticité, c’est ce juste milieu, où l’activité cérébrale est à la fois organisée et flexible. Dans cet état, le cerveau fonctionne de manière optimale: il peut traiter l'information efficacement, s'adapter rapidement, apprendre et prendre des décisions avec agilité.»
«La caféine stimule le cerveau et le pousse vers un état de criticité, où il est plus éveillé, alerte et réactif, dit la professeure Carrier. Utile le jour pour se concentrer, cet état pourrait nuire au repos nocturne: le cerveau ne se détendrait ni ne récupérerait correctement.»