Une géopolitique des métaux rares qui s'invite au laboratoire
«Le lanthane, le cérium et l'yttrium sont des métaux que Donald Trump convoite, dit d'emblée le professeur Wilkinson. La Chine contrôle près de 80 % de la production mondiale de ces terres rares et a récemment annulé ses exportations vers les États-Unis, ce qui a poussé l'Amérique du Nord à reconsidérer ses propres sources, notamment au Canada.»
Dans les Territoires du Nord-Ouest, près de Yellowknife, la mine Nechalacho représente l'un des projets les plus avancés d’extraction, tandis que d’autres gisements ont été repérés au Québec.
Réalisée en collaboration avec Environnement et Changement climatique Canada, l’étude menée par l'équipe montréalaise s'est concentrée sur ces trois métaux et leurs interactions avec Chlamydomonas reinhardtii, une algue microscopique qui sert de modèle pour comprendre les mécanismes d'absorption des métaux par les organismes vivants.
«Cette algue est utilisée dans notre laboratoire depuis plus de 20 ans, explique Kevin Wilkinson. C'est l'une des premières algues dont le génome a été entièrement décrypté, ce qui nous permet de comprendre ses mécanismes moléculaires quand elle est exposée aux métaux.»