Les animaux terrestres sont eux aussi susceptibles d’accumuler les PFAS présentes dans leur alimentation, mais ils se trouvent généralement moins haut dans cette chaîne alimentaire, puisqu’ils sont surtout herbivores.
Les plantes, elles, absorbent plus difficilement les PFAS à longue chaîne, qui ont tendance à rester davantage associées aux particules du sol. D’autres PFAS, notamment des molécules plus petites, peuvent toutefois être plus mobiles et être absorbées par les végétaux.
«On trouve donc certaines PFAS dans les céréales et les autres aliments d’origine végétale, même si les concentrations mesurées sont généralement plus faibles. Cela rappelle une réalité importante: les PFAS ne suivent pas toutes le même chemin dans l’environnement. Leur taille, leur structure chimique et leurs propriétés physicochimiques influencent leur mobilité, leur accumulation et leur capacité à passer d’un compartiment de l’environnement à l’autre», souligne Sébastien Sauvé.
Que devraient faire les consommateurs?
Pour l’instant, il est difficile de dresser une liste simple des aliments à éviter, dit Sébastien Sauvé. L’étude est préliminaire et porte sur environ une centaine d’échantillons répartis entre de nombreuses catégories d’aliments.
«Cela ne suffit pas pour conclure, par exemple, qu’une espèce de poisson est systématiquement plus contaminée qu’une autre, affirme le chimiste. Les résultats montrent plutôt une grande variabilité entre les échantillons.»
C’est pourquoi son équipe et lui poursuivent l’analyse de plus de 500 échantillons afin de déterminer plus précisément quels aliments présentent les concentrations les plus élevées et, éventuellement, quels facteurs expliquent cette contamination.
Pour le consommateur, le message n’est donc pas de bannir le poisson, la viande ou les céréales de son alimentation. Il est plutôt de reconnaître que l’exposition aux PFAS est un enjeu qui dépasse largement la question de l’eau potable.
Pour Sébastien Sauvé, la prochaine étape devrait être une surveillance accrue des PFAS dans les aliments. «Il existe déjà des normes et des objectifs pour l’eau potable. Pour la nourriture, la situation évolue lentement. Ça n’a pas de sens que ce soit déconnecté de l’eau potable», martèle-t-il.
L’étude montréalaise constitue ainsi davantage un signal d’alarme qu’un guide alimentaire. Elle signale que les aliments peuvent représenter une source d’exposition importante aux PFAS et qu’il reste beaucoup à faire pour mesurer cette contamination, comprendre son origine et désigner quels aliments sont les plus problématiques.