Heureusement, le 20 juin 2020, après six mois de chimiothérapie et trois semaines de radiothérapie au CHUM, l’examen de tomodensitométrie apporte la bonne nouvelle: il n'y a plus de traces de cancer. Marie-Fée est en rémission.
Cette bonne nouvelle est cependant accompagnée d’un contrecoup.
«Lorsque j'ai terminé tous mes traitements, j'ai réalisé ce que je venais de vivre et à quel point j'étais traumatisée. J'avais peur que le cancer revienne, c'était difficile de combattre cette anxiété», se souvient-elle.
Après une période difficile, elle constate que son parcours au CHU Sainte-Justine l’a manquée de façon positive. Inspirée par son oncologue Josette Champagne, par la force tranquille des infirmières qui l'ont accompagnée et par les apprentissages qu'elle a faits à travers la maladie et ses traitements, elle a choisi d'étudier en sciences infirmières à l'Université de Montréal il y a deux ans.
«J'adore vraiment ce que je fais», affirme Marie-Fée avec enthousiasme. Aujourd'hui en deuxième année, elle participe au programme du Centre d’excellence en développement des sciences infirmières du CHU Sainte-Justine, qui lui permet d’effectuer des stages et des externats dans l'établissement qui l'a soignée.
Sa soif d'apprendre l'a amenée à animer des séances de collaboration interdisciplinaire comme patiente partenaire, une expérience qu'elle qualifie de «vraiment enrichissante». Elle a également pris part à un projet de recherche avec une infirmière-chercheuse de l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont sur les services communautaires pour les jeunes adultes atteints de cancer, remportant même le prix coup de cœur du jury pour la présentation de son affiche scientifique.
Mais la curiosité de Marie-Fée Pellerin ne se limite pas aux sciences infirmières. Son appétit intellectuel la pousse à envisager de multiples avenues: la médecine, bien sûr, mais aussi une maîtrise en pratique infirmière avancée, des études en génie ou encore la poursuite d'un doctorat.
Parallèlement à ses études, elle s’est impliquée dans la Fondation CHU Sainte-Justine en y entraînant son père, Fred Pellerin. Pour Marie-Fée, il était essentiel de redonner à tout l'hôpital parce qu' «il n'y a pas une maladie qui est plus juste que les autres». Cet engagement lui a d'ailleurs valu le prix Jeunesse engagée par excellence en philanthropie 2025 de l'Association des professionnels en philanthropie.
Aujourd'hui âgée de 20 ans, Marie-Fée Pellerin croise ses anciens soignants dans les couloirs du CHU Sainte-Justine en tant que future collègue. Ce changement de perspective illustre bien sa trajectoire: celle d'une jeune femme qui a transformé l'épreuve en vocation, sans pour autant renier sa curiosité intellectuelle ni son ambition. «Ce n'est pas fini encore!» conclut-elle. Et on la croit sur parole!