Expertise en sciences de la santé: une formation à la croisée de la santé et du droit

En 5 secondes Offert en ligne dans une formule repensée, le microprogramme de 2e cycle d’expertise en sciences de la santé forme des expertes et experts reconnus pour la rigueur et l’indépendance de leurs avis.
Les inscriptions pour ce microprogramme sont ouvertes jusqu'au 1er juin.

Agir comme expert en sciences de la santé exige de maîtriser les règles de droit, de comprendre les attentes des tribunaux et de produire des avis indépendants et étayés. Actualisé pour répondre à ces exigences, le microprogramme de 2cycle d’expertise en sciences de la santé de l’Université de Montréal s’adresse aux médecins ainsi qu’aux professionnelles et professionnels de la santé qui souhaitent mettre leur expertise au service des tribunaux, d’organismes ou d’entreprises. 

Son directeur, le Dr Georges L’Espérance, chargé d’enseignement clinique au Département de chirurgie de l'UdeM, et l’un de ses diplômés, le Dr Eric Renaud, professeur adjoint de clinique aussi au Département de chirurgie et maintenant enseignant au sein du programme, reviennent sur les fondements, les objectifs et les débouchés de cette formation unique en Amérique du Nord.

Questions Réponses

Avant d’aborder le programme, pourriez-vous décrire le rôle de l’expert en sciences de la santé?

Georges L’Espérance: L’expertise consiste à évaluer une personne à la demande d’un tiers ‒ assureur, organisme public ou tribunal. Il faut analyser l’histoire clinique, examiner le dossier, procéder à une évaluation objective et, au besoin, établir un lien de causalité. Les conclusions doivent reposer sur les données probantes et non sur une impression ou une opinion.

Eric Renaud: C’est un exercice exigeant. Il faut être méthodique, rigoureux et en mesure de justifier chacune de ses conclusions. Les barèmes utilisés ‒ notamment ceux de la SAAQ [Société de l’assurance automobile du Québec], de la CNESST [Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail], de Retraite Québec ou de l’IVAC [Indemnisation des victimes d’actes criminels] ‒ doivent être maîtrisés et les attentes propres à chaque type de mandat bien comprises.

À qui s’adresse cette formation et pourquoi la suivre maintenant?

GLE: Le microprogramme s’adresse aux médecins, neuropsychologues, ergothérapeutes, physiothérapeutes, psychologues, infirmières et infirmiers, pharmaciennes et pharmaciens, et aux membres d’autres disciplines qui peuvent être appelés à agir comme experts. Structuré sur deux ans, il permet d’acquérir les connaissances essentielles pour produire des rapports conformes aux normes légales, dans un format compatible avec l’horaire clinique chargé de ces professionnels en pratique active.

ER: On apprend notamment à reconnaître les situations délicates: simulation, exagération ou méfiance excessive. L’expertise exige un juste équilibre entre compassion et rigueur. C’est un apprentissage essentiel, même pour des cliniciens expérimentés.

Le microprogramme, qui existe depuis 25 ans, a fait peau neuve. Pourquoi?

GLE: Dans une société de droit comme la nôtre, de nombreuses décisions en matière d’invalidité, d’assurance ou de responsabilité reposent sur des évaluations rigoureuses. Or, pendant longtemps, l’expertise s’apprenait surtout «sur le tas». Le programme a été créé pour professionnaliser cette pratique en intégrant ses dimensions médicale, légale et éthique. 

ER: Comme clinicien, on maîtrise sa spécialité. L’expertise exige autre chose: comprendre le cadre légal, répondre aux attentes des tribunaux et produire des avis indépendants, fondés sur les données probantes plutôt que sur l’intuition. Lorsque j’ai commencé à réaliser des expertises, il n’existait aucune formation à cet égard. 

Pourquoi avoir opté pour une formation en ligne et asynchrone?

GLE: La pandémie a été un déclencheur. Dès 2022, le programme a été entièrement repensé pour être offert en ligne, de façon asynchrone. Cette formule en facilite l’accès, notamment pour les personnes en région, et permet de concilier formation et pratique professionnelle. 

ER: Le virage numérique s’imposait. Avec l’appui de technopédagogues, la formation a été modernisée et resserrée à 12 crédits. Elle est désormais mieux adaptée à la réalité de la clientèle visée.

En quoi ce programme est-il unique en Amérique du Nord?

GLE: Il n’existe pas ailleurs de formation qui aborde de façon aussi complète, en français, l’expertise en sciences de la santé selon le contexte québécois. Le programme est adapté à notre jurisprudence et à nos systèmes d’indemnisation.

Quelles retombées professionnelles peut-on attendre du microprogramme?

GLE: Le programme ouvre de nouvelles perspectives professionnelles. Pour certaines personnes, c’est aussi une façon de diversifier leur pratique et de contribuer activement à la société.

ER: La formation améliore la crédibilité des experts et favorise une forme de collégialité dans le milieu. Elle donne un langage commun et des repères solides. Pour quiconque souhaite réaliser des expertises ou en fait déjà, c’est un atout majeur.

Ce microprogramme vous intéresse? Vous avez jusqu’au 1er juin pour déposer une demande d'admission.

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