Cancer: une étude perce le mystère des traitements qui cessent de fonctionner

Par UdeMnouvelles
En 5 secondes Une équipe de recherche a découvert un frein interne du système immunitaire, SLAMF6, et mis au point des anticorps pour le neutraliser. Des résultats prometteurs ont été obtenus chez la souris.
Le laboratoire du Dr Veillette a démontré que SLAMF6 n’a pas besoin d’interagir avec la tumeur pour affaiblir la réponse immunitaire.

Une équipe de l’Institut de recherches cliniques de Montréal (IRCM), dirigée par le chercheur André Veillette, directeur de l’Unité de recherche en oncologie moléculaire de l’IRCM et professeur à la Faculté de médecine de l’Université de Montréal, a franchi une étape déterminante dans la quête de nouvelles immunothérapies contre le cancer. Les travaux réalisés, publiés dans Nature, montrent qu’une molécule présente à la surface des cellules immunitaires chez la souris, SLAMF6, agit comme un puissant frein interne empêchant les lymphocytes T de combattre efficacement les tumeurs. 

Les immunothérapies actuellement utilisées, comme les inhibiteurs de PD1 ou PDL1, ont permis des avancées majeures en oncologie en «levant les freins» exercés par les tumeurs sur le système immunitaire. Cependant, un nombre important de patients n’y répondent pas ou finissent par cesser d’en bénéficier, ce qui souligne la nécessité de nouvelles approches.

Un frein interne indépendant des cellules de la tumeur

Le laboratoire du Dr Veillette a démontré que, contrairement à d’autres molécules inhibitrices, SLAMF6 n’a pas besoin d’interagir avec la tumeur pour affaiblir la réponse immunitaire.  

Cette molécule s’autoactive directement sur la surface des lymphocytes T, envoyant un signal d’arrêt qui affaiblit leur capacité d’attaque et réduit la production de cellules T saines, robustes et durables. Elle accélère ainsi l’épuisement immunitaire, un état où les lymphocytes T deviennent inefficaces contre le cancer. 

 

L’innovation: des anticorps capables de désactiver ce frein interne 

Pour contrer cet effet, l’équipe a élaboré de nouveaux anticorps monoclonaux empêchant l’activité de SLAMF6. Ces anticorps ont produit des effets remarquables: ils activent davantage les lymphocytes T humains, augmentent le nombre de lymphocytes T résilients, réduisent les lymphocytes T épuisés et déclenchent de puissantes réponses antitumorales dans des modèles de cancer chez la souris. 

Ces nouveaux anticorps surpassent nettement tous les outils actuellement disponibles visant SLAMF6, faisant d’eux des candidats de premier plan pour une nouvelle génération d’immunothérapies anticancéreuses. Ils pourraient notamment offrir une option aux patients ne répondant plus aux traitements PD1 ou PDL1 et être utilisés seuls ou en combinaison avec d’autres thérapies stimulant le système immunitaire ou PDL1.

 

Vers des essais cliniques 

L’objectif de l’équipe d’André Veillette est maintenant de faire progresser ces anticorps vers les premières phases d’essais cliniques afin d’évaluer leur efficacité et leur sécurité chez les personnes atteintes de tumeurs solides ou de cancers du sang.

Partager

Demandes médias

IRCM
Tél. : 514 987-5500, poste : 5535
Université de Montréal
Tél. : 514 343-6111, poste : 67960