Cibler directement les cellules cancéreuses et les détruire sans endommager les cellules saines: telle est la promesse des nouvelles immunothérapies ultraprécises. Un défi majeur, alors que les traitements habituels de chimiothérapie s’accompagnent encore trop souvent d’importants effets secondaires à long terme surtout chez les enfants.
Au cœur de cette promesse thérapeutique se trouve l’immunopeptidomique, une approche permettant de mettre au jour les petits fragments de protéines présentés au système immunitaire à la surface des cellules.
Au Centre de recherche Azrieli du CHU Sainte-Justine, les équipes d’Isabelle Sirois, responsable de la Plateforme de protéomique et d’immunopeptidomique, et de la Dre Sonia Cellot, hémato-oncologue pédiatrique au CHU Sainte-Justine et professeure au Département de pédiatrie de l’Université de Montréal, ont réalisé une avancée déterminante.
Grâce à ProteoFusioNEO, un nouvel outil informatique conçu au sein de la Plateforme, elles ont pu analyser les transcriptomes de plus de 5100 enfants atteints de divers cancers ainsi que 935 lignées cellulaires. Leur étude montre, pour la première fois, que les cellules cancéreuses peuvent exprimer à leur surface des néoantigènes, c’est-à-dire de petits fragments de protéines anormales issus de fusions de gènes.
«Ces néoantigènes pourraient constituer des cibles idéales pour de futures immunothérapies ultraciblées», précise Isabelle Sirois.