Planifier l’avenir numérique de l’UdeM

En 5 secondes L’Université de Montréal se dotera d’ici la fin du printemps d’un plan stratégique propre à la transformation numérique.
Pascale Lefrançois, vice-rectrice principale et vice-rectrice aux affaires étudiantes et aux études; Denis Fortin, vice-recteur adjoint aux technologies de l’information; et Luc Stafford, vice-recteur adjoint à la recherche, secteur Nature et technologies

Le 26 janvier, Pascale Lefrançois, Luc Stafford et Denis Fortin présentaient devant l’Assemblée universitaire la première ébauche du tout nouveau Plan stratégique de transformation numérique 2026-2031. La version définitive de ce plan sera soumise au Conseil de l’Université pour adoption au mois d’avril. Les objectifs seront précisés d’ici là, mais on sait d’ores et déjà que l’exercice visera principalement à enrichir l’expérience étudiante, à maximiser les retombées de la recherche et à faire du numérique un vecteur de performance organisationnelle. 

La présence du numérique n’est pas chose nouvelle à l’UdeM. On n’a qu’à penser aux projets d’envergure réalisés récemment comme le dossier étudiant électronique unique ou le programme de modernisation du processus d’admission. Ce qui est nouveau, c’est la décision de doter l’Université d’un plan stratégique pour tout ce qui concerne explicitement le numérique.

Un vecteur de cohérence

Pour Pascale Lefrançois, vice-rectrice principale et vice-rectrice aux affaires étudiantes et aux études, c’est d’abord une question de cohérence. «Le numérique occupe une telle place dans le fonctionnement de l’Université que nous ressentions le besoin d’avoir une vision globale. Le plan stratégique nous permettra de savoir qui travaille sur quoi et de nous assurer que nous travaillons de manière cohérente», explique-t-elle.

Le vice-recteur adjoint aux technologies de l’information, Denis Fortin, insiste sur l’importance de travailler de manière plus transversale: «Le secteur de la recherche fait de grandes choses en matière d’intelligence artificielle; le Centre de pédagogie universitaire innove avec des projets numériques pour l’enseignement; les Technologies de l’information consacrent d’importants efforts à l’architecture d’entreprise. Mais tout le monde travaille quelque peu en silo. La question est de savoir comment, de manière horizontale, nous pouvons rendre l’UdeM plus numérique.»

Luc Stafford, vice-recteur adjoint à la recherche, secteur Nature et technologies, souligne pour sa part les possibilités de développement stratégique que met en lumière un tel plan: «Nous excellons, par exemple, dans la recherche sur l’intelligence artificielle. Comment mettre à profit ces connaissances pour améliorer la qualité de nos formations et optimiser le fonctionnement de l’Université? C’est le genre de questions auxquelles nous souhaitons répondre.»

Sans oublier la question des ressources disponibles. «Nous n’avons pas le luxe de concevoir des outils de manière indépendante, poursuit Luc Stafford. Un plan stratégique va faciliter la mutualisation de nos efforts.»

De nombreux projets et beaucoup de souplesse

Le plan stratégique listera une trentaine d’exemples de projets au potentiel transformateur pour l’Université, mais, selon Pascale Lefrançois, il ne s’agira pas d’une liste exhaustive. «On veut laisser la possibilité à d’autres projets d’émerger. Puisque c’est un domaine où les choses vont très vite et que le plan s’étend sur cinq ans – une éternité dans le domaine numérique –, c’est important de rester agile et de pouvoir se retourner rapidement», indique-t-elle.

Les projets concerneront différents aspects de la vie universitaire, comme la valorisation des expertises de recherche ou encore les dispositifs d’évaluation à l’ère de l’intelligence artificielle. «L’évaluation a des conséquences sur la validité de nos diplômes. Il y a déjà des communautés de pratique chez nous qui réfléchissent à la question, mais il va falloir pousser plus loin», mentionne la vice-rectrice principale.

Pascale Lefrançois aborde également l’inévitable question des ressources. «Des sommes seront allouées à la mise en œuvre des projets, mais il faudra bien sûr prioriser ces projets et les ordonner dans le temps. La structure de gouvernance du plan d’action servira notamment à cela», observe-t-elle. Cette structure reste encore à déterminer et c’est sur cet aspect précis du plan que travailleront les trois collègues et leur équipe au cours des prochains mois.

Un plan à échelle humaine

Lorsqu’on interroge les trois dirigeants sur la nature du plan stratégique, tous insistent pour dire qu’il ne s’agit pas d’une opération purement technologique. «D’ailleurs, la majorité des projets pressentis ne sont pas liés aux technologies de l’information à proprement parler», précise Denis Fortin.

Le vice-recteur adjoint à la recherche abonde dans son sens: «Le numérique joue un rôle central et structurant dans nos vies professionnelles et personnelles et c’est cette dimension humaine qui alimente principalement nos réflexions. S’il y a une chose que nous avons entendue durant la pandémie, c’est l’importance des interactions humaines. Comment enrichir ces interactions à l’aide du numérique, tel est le défi que nous nous sommes lancé à travers cet exercice de planification.» 

Un plan humaniste? C’est en tout cas l’esprit dans lequel travaille l’équipe. Rendez-vous au mois de mai pour connaître les détails de ce plan de transformation numérique 2026-2031.

Partager