Le thème de la détresse s’est imposé naturellement pour cette nouvelle édition. Les enjeux existaient déjà depuis longtemps, mais la pandémie a amplifié plusieurs tensions.
Dans un contexte marqué par des réformes successives, un climat géopolitique incertain et des situations cliniques de plus en plus complexes, le personnel soignant fait face à de nouvelles pressions. La patientèle, de son côté, exprime davantage d’insatisfactions liées aux retards et à l’accès aux soins, et les comportements agressifs sont plus fréquents dans certains milieux.
Pour plusieurs médecins, certaines réformes récentes ont aussi nourri un sentiment de crise morale. Comme l’explique la Dre Gaucher, lorsque les contraintes du système limitent la capacité d’agir selon ses valeurs, la question devient éthique et touche directement l’intégrité professionnelle.
Un dialogue interdisciplinaire
La Journée d’éthique clinique s’adresse à un auditoire large et résolument interdisciplinaire. Membres de la communauté étudiante, professionnelles et professionnels de la santé, chercheuses et chercheurs y côtoient des spécialistes de l’administration de la santé, du travail social, de la psychiatrie et de l’éthique, de même que des patientes et patients partenaires.
Cette diversité de perspectives contribue, selon l’équipe organisatrice, à la richesse des échanges et à une réflexion plus complète sur les défis contemporains du soin.
Transformer l’épreuve en levier d’action
Les discussions porteront sur la détresse vécue dans le réseau, mais dans une perspective résolument bienveillante et constructive. L’objectif est de mieux comprendre ce que vivent les personnes travaillant dans le système de santé et de réfléchir à la manière de composer avec ces expériences difficiles.
Les personnes participantes aborderont notamment la notion de croissance post-traumatique: reconnaître que certaines situations sont éprouvantes, puis se demander comment elles peuvent devenir des occasions de transformation. Il sera aussi question de posture professionnelle: refuser le fatalisme, cultiver une forme de résistance créative et miser sur la solidarité entre les acteurs du réseau.
Au cœur des échanges, deux questions simples, mais fondamentales: comment se retrouver soi-même dans un système parfois perçu comme rigide, et comment se retrouver collectivement pour affronter les défis du réseau?
Des intervenants de divers horizons participeront aux discussions afin d’explorer ensemble des moyens de prévenir les sources de stress et d’y faire face.
Un espace pour prendre du recul
Au-delà des échanges intellectuels, l’événement se veut aussi un moment de solidarité. Les participantes et participants y trouveront un espace pour partager leurs expériences, prendre du recul sur les défis du quotidien clinique et repartir avec de nouveaux outils et perspectives sur leur pratique.
La 8ᵉ Journée d’éthique clinique se tiendra le 17 avril, au CHU Sainte-Justine et en ligne, à compter de 8 h.
Les personnes intéressées peuvent s’inscrire en ligne dès maintenant.