Quel est le point commun entre le taux d’occupation des services des urgences au Québec, le dénombrement des trajets faits en Bixi et la carte des îlots de chaleur à Montréal? Ce sont trois exemples de données ouvertes au public qui ont été extraites, nettoyées et analysées par des gestionnaires de données afin de les représenter de manière à les rendre utiles pour la société.
Les données ouvertes, comme les données confidentielles, sont effectivement partout, mais elles supposent des compétences particulières pour lesquelles il existe peu de formations universitaires à l’heure actuelle. L’École de bibliothéconomie et des sciences de l’information de l’Université de Montréal a mis sur pied deux programmes en gestion de données, un microprogramme de 1er cycle et un certificat, pour initier aux technologies de traitement des données et aborder les questions relatives à la gestion de données.
Des programmes pour acquérir des compétences opérationnelles solides
Le microprogramme de 1er cycle vise une initiation à la gestion de données grâce à trois cours qui constituent le programme. Au certificat, 18 crédits à option viennent s’ajouter à ces trois mêmes cours pour une formation plus complète qui intègre notamment l’application des techniques de gestion possibles dans certains domaines des sciences humaines et sociales, comme l’histoire ou la démographie. Il s’agit donc d’un programme qui se veut flexible pour répondre à des champs d’intérêt ou des objectifs professionnels variés: il est possible de se concentrer, par exemple, sur les humanités numériques, la création des données, leur effet sociétal ou encore l’analyse informatique de données.
Une formation en gestion de données permettra donc, à terme, de distinguer les différents types de données (massives, ouvertes, confidentielles), d’en comprendre les enjeux (par exemple les notions de marchandisation, d’atteinte à la vie privée ou encore de souveraineté) et d’acquérir une certaine maîtrise d’outils logiciels dans le but de faire ressortir leurs caractéristiques essentielles pour les rendre utiles. Savoir les extraire, les nettoyer et les ordonner permet une corrélation des données qui peut mener à l’obtention d’un financement, à des politiques publiques ou même à la création d’applications mobiles qui servent le quotidien.
Ces deux nouveaux programmes s’adressent à des étudiantes et étudiants en sciences humaines et sociales qui pourraient être appelés à travailler avec des données, qu’il s’agisse de gérer les informations confidentielles au sujet d’une clientèle, de corriger et d’uniformiser un ensemble de données existantes ou encore de soutenir la prise de décision en colligeant les données appropriées. Des carrières en architecture de données, en gouvernance de données ou comme spécialiste en métadonnées sont à portée de main avec le certificat en poche.
Contrairement à ce qu’on pourrait penser, les programmes ne demandent pas de compétences informatiques poussées et ne visent pas non plus à en acquérir, puisqu’il n’est pas question de traitement de données massives. La gestion de données proposée dans ces formations s’applique davantage aux sciences sociales et humaines, dans un souci de transparence des administrations publiques, mais aussi pour les rendre visibles à tous.
Un certificat qui mène à l’obtention d’un baccalauréat
Le certificat en gestion de données peut être jumelé à certaines majeures ou mineures d’autres disciplines pour l’obtention d’un baccalauréat par cumul avec appellation ou encore d’un baccalauréat par cumul. Ainsi, il sera possible d’associer des connaissances et compétences en gestion de données à celles d’un autre domaine pour obtenir un diplôme à son image en vue d’une entrée sur le marché du travail.