Bravo Recherche 2026: l’UdeM souligne les succès de ses chercheurs

En 5 secondes La cérémonie Bravo Recherche a de nouveau célébré l’excellence, la passion et la collaboration de sa communauté professorale.
La cérémonie Bravo Recherche 2026

L’année 2025 a une fois de plus été une année faste pour la communauté de la recherche de l’Université de Montréal. La cérémonie Bravo Recherche, qui s’est déroulée le 4 mai en soirée, a ainsi rendu hommage aux professeures et professeurs qui ont remporté des prix ou distinctions, qui ont obtenu une chaire ou une subvention majeure au cours de l’année. «Derrière chaque prix, chaque chaire ou chaque grande subvention se cachent des années d’efforts, de passion et de collaboration. Nos chercheurs et chercheuses incarnent cette persévérance, ce désir de mieux comprendre le monde et cette volonté de créer, de découvrir et d’innover», a mentionné Vincent Poitout, vice-recteur à la recherche et à l’innovation.

L’Université a souligné l’obtention de 12 subventions majeures, 25 chaires de recherche du Canada (10 nouvelles, 15 renouvellements), 1 chaire de recherche du Fonds de recherche du Québec et 25 chaires philanthropiques (13 nouvelles, 12 renouvellements). Les chercheuses et chercheurs se sont aussi distingués en recevant des prix de valorisation de la recherche (6) ainsi que des prix québécois (17), canadiens (28) et internationaux (18). 

Parmi les 113 chercheuses et chercheurs de l’Université de Montréal célébrés, 3 ont retenu l’attention de UdeMnouvelles

Julie Hlavacek-Larrondo, du Département de physique

Julie Hlavacek-Larrondo a remporté la Médaille commémorative Rutherford en physique de la Société royale du Canada, de même que la médaille d’or Harvey B. Richer de la Société canadienne d’astronomie. Elle est également lauréate de la bourse Arthur-B.-McDonald du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG).

Questions Réponses

Que représentent les deux médailles que vous avez gagnées en 2025?

Ce sont des prix qui soulignent différentes choses, mais la médaille Rutherford est particulièrement chère à mes yeux. J’étais au baccalauréat en physique à l’Université de Montréal lorsque j’en ai entendu parler pour la première fois, alors que l’une des rares femmes dans la discipline, l’astrophysicienne Vicky Kapsi, l’avait remportée. Si l’on m’avait dit à cette époque qu’un jour ce serait à mon tour, je ne pense pas que je l’aurais cru! Je suis très fière, en tant que femme hispanique, d’avoir reçu cet honneur. J’espère inspirer la future génération de filles et les amener à découvrir des domaines fascinants, comme l’astrophysique, et à croire en leur capacité d’obtenir ce type de reconnaissance.

La médaille Harvey B. Richer est quant à elle remise par la communauté astrophysique canadienne. C’est une belle marque de reconnaissance de la part de ma communauté qui vise non seulement ma recherche, mais également des initiatives que je mène en matière d'égalité, de diversité et d'inclusion.

Le CRSNG vous a accordé la bourse Arthur-B.-McDonald. Que vous permettra-t-elle d’accomplir?

La bourse Arthur-B.-McDonald est un levier exceptionnel, puisqu’elle permet de se consacrer uniquement à la recherche durant deux ans. C'est Gilles Brassard, à qui cette bourse a déjà été décernée, qui m'a en quelque sorte incitée à soumettre ma candidature, car il m'avait mentionné que cela l'avait énormément aidé à avancer ses recherches.

La bourse est attribuée sur la base du dossier universitaire, de l’engagement et du programme de recherche proposé. Ainsi, mon équipe a récemment obtenu des données du télescope spatial James-Webb; c’est le plus grand télescope qui existe, il est absolument exceptionnel. Il révolutionne tous les domaines en astrophysique.

Or, il est très difficile de se procurer ces données et, lorsqu’on réussit, elles ne nous appartiennent que pendant un an, pour ensuite être rendues accessibles à toute la communauté scientifique. C’est une occasion unique pour réfléchir, travailler sur de nouvelles idées et innover. Je veux explorer, prendre un peu plus de risques. C’est souvent ce qui mène à de grandes découvertes. 

 

Géraldine Layani, du Département de médecine de famille et de médecine d’urgence et du Centre hospitalier de l’Université de Montréal

Géraldine Layani est cotitulaire de la Chaire GlaxoSmithKline (GSK) de recherche en gestion optimale des maladies chroniques et a remporté le Prix d’excellence du Collège québécois des médecins de famille.

Questions Réponses

Qu’est-ce qui vous a valu l’obtention du Prix d’excellence du Collège québécois des médecins de famille?

C’est un prix d’excellence qui vient souligner ma contribution en recherche à la médecine familiale. Ça me touche beaucoup parce qu’il provient de mon propre milieu clinique et de ma discipline, soit la médecine de famille.

La médecine de famille reste au cœur du système de santé et va au-delà de la prise en charge des patients. Elle fait partie du continuum du parcours de vie non seulement des personnes qui vivent avec différents problèmes de santé, mais aussi de leurs familles et des communautés. Ce prix reconnaît et valorise mon engagement et mes travaux en tant que chercheuse et, plus largement, la recherche en médecine familiale, qui permet de réfléchir aux questions d’accès, de continuité des soins, de prévention et d’équité.

Quels travaux souhaitez-vous accomplir dans le contexte de la Chaire GlaxoSmithKline (GSK) de recherche en gestion optimale des maladies chroniques?

Mes travaux visent à contribuer à l’amélioration de l’équité et de la qualité des soins et services de santé pour les personnes diabétiques ou obèses, mais plus largement pour toutes les personnes qui passent par des soins primaires.

On m’a nommée à la tête de la Chaire – qui existe depuis plusieurs années déjà – avec Nadia Sourial, professeure au Département de gestion, d’évaluation et de politique de santé de l’École de santé publique [ESPUM]. Cette chaire, qui était auparavant rattachée au Département de médecine de famille et de médecine d’urgence, est maintenant partagée avec l’ESPUM. C’est une occasion unique d’ouverture et de rayonnement qui permettra de se rapprocher du vécu des patients et d’améliorer leurs soins. La Chaire adopte une approche populationnelle dans le but d’améliorer les pratiques pour les patients, les cliniciens, les gestionnaires comme les organisations et les décideurs. Je tiens également à souligner l’importance du travail d’équipe de la Chaire, qui réunit des étudiants, des professionnels de recherche, des patients partenaires et des professionnels de la santé.

Jean-Rémi Carbonneau, du Département de littératures et de langues du monde

Jean-Rémi Carbonneau a obtenu la Chaire de recherche du Canada en minorités linguistiques comparées.

Questions Réponses

Qu’est-ce qui vous a mené à l’obtention de cette chaire?

Pendant près d’une dizaine d’années, j’ai travaillé en Europe, où j’ai fait mon terrain de doctorat en science politique. Je comparais le traitement de la minorité sorabe, une minorité nationale slave en Allemagne, avec celui des catalanophones en Espagne. J’ai ensuite travaillé plusieurs années avec l’Institut sorabe, un centre de recherche sur les minorités linguistiques et nationales. Lorsqu’un poste de professeur – qui venait avec une chaire de recherche – s’est ouvert à l’Université de Montréal, j’ai postulé. J’ai donc pu élaborer le programme de recherche de la Chaire selon mes champs d’intérêt, soit la politique comparée dans le contexte des langues minoritaires. J’aime bien comparer les situations d’acteurs, de groupes politiques, de partis politiques, d’États, de régions partout dans le monde et sortir du paradigme restrictif des minorités de langues officielles au Canada.

Quelles questions aimeriez-vous explorer avec cette chaire?

Nos travaux s’orientent selon deux axes. D’une part, nous nous intéressons aux multiples formes d’organisations (étatiques, communautaires, etc.) et à leur rôle dans la revitalisation ou l’érosion des langues minoritaires. Nous explorerons, d’autre part, les discours et les représentations des langues minoritaires véhiculées dans la société. Ces normes sociales influencent leur usage et leur transmission. 

Nous avons plusieurs projets en ce sens, notamment la rédaction d’un livre introductif que j’aimerais utiliser dans le cours Espaces linguistiques minoritaires, qui a été mis sur pied l’an dernier. La Chaire propose par ailleurs différentes activités: conférences, colloque sur les langues mises en danger, journée des langues autochtones.

Un autre projet se penche sur la revitalisation des langues régionales en France, où nous souhaitons mettre en parallèle le breton, le catalan et l’alsacien. J’espère finalement amorcer cette année un terrain pour étudier les discours en circulation dans la société civile en Espagne sur l’usage du catalan, en collaboration avec Michel Martínez, de Sorbonne Université, et Juan Jiménez-Salcedo, de l’Université de Mons. 

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