Au Québec, environ 60 % des enfants ont des caries dentaires, mais cette proportion atteint jusqu'à 90 % chez les enfants issus de milieux défavorisés, autochtones ou présentant des besoins particuliers. Les enfants avec un trouble du spectre de l'autisme forment une clientèle particulièrement mal servie: seulement 35 % bénéficient d'un suivi dentaire régulier, contre 79 % des enfants neurotypiques. Et chaque année au Canada, les problèmes buccodentaires entraînent plus de 2,26 millions de jours d’absence de l’école.
Ces chiffres, la dentiste Tasnim Alami-Laroussi les connaît bien pour en avoir été témoin avant de les analyser dans son mémoire de maîtrise récemment déposé à l’École de santé publique de l’Université de Montréal et qu’elle a réalisé sous la direction du Dr Jean-Louis Denis.
Elle et son conjoint Farid Amer Ouali, tous deux diplômés de la Faculté de médecine dentaire de l’UdeM, ont cofondé Sourires Solidaires en 2018, une clinique dentaire pédiatrique communautaire à but non lucratif. La même année, elle devenait copropriétaire de la clinique privée à Laval où elle travaille depuis 2009.
Chaque jour depuis son ouverture, Sourires Solidaires accueille de nombreux patients, dont 40 % seulement pouvaient se payer un simple nettoyage dentaire avant l’entrée en vigueur du Régime canadien de soins dentaires. Devant cette réalité, Tasnim Alami-Laroussi a amorcé une maîtrise en administration de la santé pour comprendre, de l'intérieur, pourquoi une clinique de dentisterie sociale comme Sourires Solidaires ne parvient pas à être intégrée au système de santé.