Deuxième phase du campus MIL: un écrin minéral pour parachever le Complexe des sciences

En 5 secondes Inspirée par le concept d’une géode, la phase 2 du Complexe des sciences déploie un écrin minéral sobre et élégant pour magnifier les volumes cristallins de la première phase inaugurés en 2019.
Espaces verts et parc linéaire devant les ailes A à D

Dans la série

Deuxième phase du campus MIL Article 3 / 3

La construction des deux nouvelles ailes qui viendront compléter le Complexe des sciences de l’Université de Montréal commencera cet été.

Axée sur la synergie et l'interdisciplinarité, la phase 2 réunira le Département de mathématiques et de statistique, le Département d’informatique et de recherche opérationnelle ainsi que l’Institut Courtois dans un environnement dynamique conçu pour multiplier les interactions et l'innovation.

«C’est un projet majeur qui permettra de donner des lieux de grande qualité aux équipes de recherche et à la communauté étudiante, se réjouit Isabelle Bonneau, vice-rectrice adjointe à l’administration et aux infrastructures de l’UdeM.

Cette phase comprend également la réalisation d’un grand centre de données dont la chaleur récupérée, valorisée dans une approche écoénergétique, viendra alimenter les laboratoires à forte demande énergétique des phases 1 et 2. Poursuivant la démarche d’excellence environnementale de la phase initiale, l’UdeM vise l’obtention de la certification LEED Or pour ce nouvel ensemble, réaffirmant ainsi son engagement à l’égard de l’innovation durable et de la transition écologique.

Deux nouvelles ailes, quatre volumes

Signée par le consortium Menkès Shooner Dagenais LeTourneux architectes | Lemay | NFOE architecture, qui a également conçu la phase initiale, la phase 2 du Complexe des sciences s'édifiera dans un esprit de continuité et de cohérence avec le projet de 2019. Pensées comme une géode, les deux nouvelles ailes se déploieront en quatre volumes minéraux venant magnifier le centre névralgique du campus MIL.

«Alors que les volumes initiaux se distinguent par leur transparence cristalline, nous avons souhaité les sertir dans un écrin minéral protecteur, explique Anik Shooner, architecte associée principale chez Menkès Shooner Dagenais LeTourneux architectes et chargée de projet des phases 1 et 2. L’objectif est de parachever le récit architectural du Complexe des sciences tout en créant une ouverture naturelle vers les prochains pôles de développement qui viendront enrichir le campus MIL»

«Pour donner vie aux deux nouveaux pavillons, l’équipe d’architectes a imaginé quatre massifs minéraux évoquant des écueils rocheux émergeant du sol. Regroupés en paires, ces volumes seront reliés par un atrium vertical largement vitré qui assurera à la fois une connexion fonctionnelle et un apport généreux de lumière entre les espaces», poursuit-elle.

Des teintes inspirées de la stratigraphie

Le choix chromatique du projet s’ancre dans une lecture attentive du contexte environnant et de son évolution urbaine. Si la transparence cristalline de la phase initiale rendait hommage à l’ancienne gare de triage par une sérigraphie évoquant les rails, le paysage bâti s’est depuis transformé, marqué par des constructions récentes aux teintes sobres (blanches, grises ou bichromatiques) sur l’avenue Thérèse-Lavoie-Roux qui créent un silence entre le campus Mil et les façades de maçonnerie plus chaudes et nuancées des multiplex du quartier.

En s’inspirant de cette matérialité contrastée, les architectes ont imaginé une écriture à la fois distinctive et ancrée dans son milieu, capable de dialoguer avec le voisinage tout en affirmant l’identité du campus.

«Pour unifier le tout, nous avons intégré de façon plus marquée la brique d’argile, très présente dans Outremont, tout en nous inspirant de la stratigraphie, soit les différentes couches de roches sédimentaires, raconte Anik Shooner. À la brique argentée de la première phase s’ajouteront des rangs aux teintes marron et cuivrées, assemblés selon un motif en dégradé. Cet appareillage et ces variations, combinés avec des jeux d’avancées et de reculs, créeront une surface vivante où la lumière viendra révéler la texture du matériau.»

Émergeant du sol comme des reliefs stratifiés, les volumes de la phase 2 traduiront cette approche par une maçonnerie expressive où les teintes et les textures s’organiseront du plus sombre au plus clair. Les rangs plus foncés et texturés se concentreront à la base, tandis que les briques plus lisses et pâles se déploieront dans la partie supérieure, conférant aux bâtiments des niveaux de réflectance variés.

Afin de répondre aux exigences techniques de ses équipements sensibles aux vibrations, l’Institut Courtois occupera stratégiquement toute la partie frontale de l’aile est (pavillon D) ainsi que le sous-sol et le premier niveau du volume arrière.

Pour affirmer son identité unique, les architectes ont conçu un atrium distinctif qui agira comme un repère signalétique fort depuis l’approche par l’avenue Thérèse-Lavoie-Roux. Contrairement aux autres atriums du projet qui définissent la géométrie des volumes, celui de l’Institut sera perçu comme un découpage net dans la masse minérale, s’inscrivant en parfaite continuité avec la transparence du rez-de-chaussée, indique la chargée de projet.

L’entrée principale de l’Institut Courtois, située parallèlement à l’avenue Thérèse-Lavoie-Roux, s’inscrira dans l’axe de circulation qui reliera toutes les entrées des pavillons. Marquant le croisement de l’avenue d’Outremont, elle s'ouvrira sur ce vaste atrium baigné de lumière qui dynamisera le lien entre le campus et son environnement urbain.

Créer un milieu de vie

Pour favoriser les rencontres et nourrir la collaboration, une diversité de lieux de travail a été imaginée comme autant d’expériences offertes aux communautés étudiante, professorale et de recherche. Pensés comme de véritables aires de vie, les atriums, baignés de lumière, deviendront des carrefours où se croiseront les idées et les parcours. «Traits d’union entre les deux phases, deux interstices, l’un minéral, l’autre végétal, s’ouvriront comme des respirations au cœur du bâti et offriront aux étudiants et étudiantes des vues sur la nature et le passage des saisons», mentionne Anik Shooner. En écho à cette approche, l’agrandissement de la bibliothèque Hubert-Reeves et les atriums enrichiront l’expérience en proposant une constellation de lieux de socialisation et de collaboration, permettant à chacun de trouver, selon ses besoins et son inspiration du moment, l’endroit qui lui ressemble.

Pour encourager le mouvement, un réseau de circulations, autant intérieur qu’extérieur, constituera une promenade qui traversera l’ensemble d’ouest en est et qui permettra d’emprunter différents parcours pour découvrir des jardins et des terrasses ainsi que des lieux publics et des aires de socialisation.

«J’ai été charmée par différents détails qu’ont proposés les architectes et qui sont le fruit de beaucoup de réflexions, affirme Isabelle Bonneau. Par exemple, on trouvera des placettes entre les ailes dotées de végétation et de mobilier qui créeront des ambiances particulières. Sur ce campus, on a vraiment réussi à créer un environnement où l’on se sentira bien.»

«Comme architectes, nous construisons aussi des récits à travers nos projets, dit Anik Shooner en souriant. Peu importe que ces idées soient perçues ou non dans leur ensemble: elles se révèlent dans les détails et ce sont justement ces détails qui font naître le sentiment de bien-être dans un lieu.»

Au-delà du concept, l’ambition est simple: voir les lieux s’animer et être rapidement adoptés par celles et ceux qui les fréquenteront.

«Dès la construction de la première phase, les gens du quartier se sont approprié les lieux: certains y font leur jogging, d’autres s’y promènent en famille ou encore s’arrêtent pour photographier le coucher du soleil de la passerelle… On y sent une véritable vitalité, souligne l’architecte. Nous souhaitons que ces nouveaux aménagements suscitent le même élan. Avec ses deux premiers niveaux abondamment fenestrés, cette deuxième phase s’affirmera comme une vitrine sur la science, largement ouverte sur son environnement et la communauté. Elle pourrait même éveiller des vocations chez les enfants du quartier, et cette idée, en soi, est profondément inspirante.»

Demandes médias

Université de Montréal
Tél. : 514 343-6111, poste 77040