Institut Courtois: un bâtiment pour faciliter la recherche interdisciplinaire

En 5 secondes La construction de l’Institut Courtois démarrera cet été pour offrir à la communauté de recherche un lieu spécialement réfléchi pour la collaboration et l’atteinte de nouveaux sommets.
L'aile D hébergera l'Institut Courtois

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Deuxième phase du campus MIL Article 2 / 3

L’un des éléments centraux de la deuxième phase de développement du campus MIL de l’Université de Montréal, un chantier de trois ans qui démarrera cet été, est la réalisation de l’Institut Courtois. Ce bâtiment réunira des chercheuses et chercheurs de différentes disciplines comme la physique, la chimie, les mathématiques et l’informatique. 

Si les communautés de recherche et étudiante sont déjà formées et que des chaires importantes ont été obtenues, l’installation physique de l’Institut Courtois lui permettra d’atteindre son plein potentiel, selon Frédéric Bouchard, doyen de la Faculté des arts et des sciences de l’UdeM.  

«La recherche, c’est avant tout une aventure humaine, explique-t-il. Ça commence par tout ce qui rend possibles les échanges d’idées et les discussions fortuites. Puis, l’intégration physique des plateformes de recherche est essentielle à l’Institut Courtois, qui propose une nouvelle approche de découverte de matériaux soutenue par l’intelligence artificielle.» 

De l’artisanal à l’IA 

C’est grâce à des plateformes de simulation, de synthèse, de caractérisation et d’analyse, toutes soutenues par la robotique et l’intelligence artificielle (IA), que l’Institut Courtois révolutionnera sa façon de créer de nouveaux matériaux. En ce moment, la recherche s’effectue de façon artisanale. «On utilise des lasers pour exciter les propriétés d’un échantillon et l’on examine le résultat avec un microscope très puissant, mentionne Frédéric Bouchard. Chaque étape demande beaucoup de temps. Avec les nouvelles plateformes, l’IA pourra désigner, parmi tous les arrangements moléculaires possibles, ceux qui ont le plus de chances d’avoir des propriétés intéressantes.»  

Ensuite, l’équipe (humaine!) pourra faire ses choix et programmer les robots pour réaliser les prochaines étapes. «Toutes les données seront analysées et permettront de choisir les directions dans lesquelles on veut avancer, indique le doyen. D’ailleurs, l’Institut Courtois aura sa propre capacité de calcul pour faire de l’IA sécurisée, ce qui est très important en matière de souveraineté scientifique.»

Une révolution dans l’organisation de la recherche

En mettant le pied dans l’Institut Courtois, qui s’élèvera du côté est du campus MIL, on découvrira donc une toute nouvelle façon de mener des travaux de recherche. Et cela se reflétera dans l’organisation de l’espace. En effet, on oublie le traditionnel laboratoire d’un professeur ou d’une professeure. Dans ce nouveau bâtiment, on trouvera plusieurs plateformes utilisées par différentes équipes. Dans ces laboratoires, des modules à parois vitrées – pensez à une boîte de la taille d’une petite voiture – seront dotés d’une hotte pour aspirer les vapeurs et les réactions chimiques ainsi que de robots manipulateurs. D’autres plateformes seront construites sur une immense dalle de béton pour éviter les vibrations qui pourraient altérer la précision des lasers et les mesures obtenues.  

«Techniquement, ces plateformes sont hypercomplexes à construire et elles sont conçues pour être utilisées à la chaîne, dit Frédéric Bouchard. Une équipe pourra se servir disons de trois plateformes pour faire une expérience alors qu’avant, c’était difficile parce qu’elle devait avoir tous les instruments requis dans son laboratoire ou négocier avec différentes organisations pour le traitement et l’analyse des échantillons.» 

Des talents pour jouer en équipe

Avec la construction de l’Institut Courtois, qui accueillera, en plus des plateformes de recherche, les bureaux des professeurs et professeures, de même que des salles de classe, de conférences et de serveurs, l’UdeM a l’ambition d’attirer des personnes de grand talent. Mais ce n’est pas tout. Elles doivent vouloir travailler en équipe. 

«À ce niveau, en science, la collaboration change tout, affirme Frédéric Bouchard. La recherche que nous réalisons à l’Institut Courtois est hautement interdisciplinaire. Personne ne peut trouver seul les réponses aux questions que nous nous posons. C’est donc très important pour nous d’attirer des gens qui veulent contribuer à quelque chose de plus grand qu’eux. C’est cette culture de collaboration et d’excellence que nous mettons en place à l’Institut Courtois et c’est ce qui permet à l’UdeM de se démarquer par rapport à d’autres grandes universités dans le monde.» 

Il souligne aussi que l’Institut Courtois a signé une entente de collaboration avec l’Université de Toronto, qui pouvait déjà compter sur quelques plateformes de recherche analogues pour les matériaux. «Ensemble, nous ferons du Canada l’un des chefs de file mondiaux dans ce type de découverte», se réjouit-il.  

Vers de nouveaux sommets 

Il ne fait aucun doute pour le doyen, d’abord philosophe des sciences, qu’on entame un nouveau chapitre dans le domaine au pays avec la construction de l’Institut Courtois. «C’est le genre d’institut qui ne pouvait voir le jour jusqu’ici que dans les grandes universités privées américaines, à Cambridge, à Oxford ou encore en Chine par exemple, précise-t-il. En ayant le nôtre à Montréal grâce au soutien de la Fondation Courtois et des gouvernements, nous aurons toutes les ressources requises pour faire ici la recherche de demain et atteindre de nouveaux sommets.» 

Frédéric Bouchard a en tête ni plus ni moins qu’un prix Nobel. «Je suis absolument convaincu qu’un ou une scientifique qui travaille à l’Institut Courtois en recevra un dans les prochaines années, déclare-t-il. Nous avons une culture accueillante et conviviale, mais qui vise l’excellence. Nous confirmerons à la Fondation Courtois, aux gouvernements et à toute la société que le financement de la recherche libre et ambitieuse est non seulement justifié, mais qu’il change le monde pour le meilleur.»  

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