Le ténébrion meunier (Tenebrio molitor) est un coléoptère dont les larves séchées, récemment approuvées comme aliment par l'Autorité européenne de sécurité des aliments, se comparent au bœuf et à la volaille sur le plan nutritionnel – avec une empreinte écologique nettement réduite.
Or, les fermes qui élèvent ces insectes sont vulnérables.
Une épidémie de densovirus – un virus à ADN infectant les invertébrés – a été signalée avec un taux de mortalité élevé: des élevages sont décimés en raison de maladies infectieuses. Et il n’y a pas de soutien pour ces éleveurs en matière de conseils en biosécurité, faute d’outils de diagnostic.
«Sans une description précise de l'anatomie normale de l'insecte qui permettrait de savoir à quoi ressemblent des organes sains, il est impossible de déterminer si ce qu'on observe sous la loupe est normal ou le signe d'une maladie», indique Marie-Odile Benoit-Biancamano, pathologiste vétérinaire à la Faculté de médecine vétérinaire de l'Université de Montréal.
C'est ce vide qu’elle et ses collègues Chloé Rosa-Teijeiro et Fanny Renois ont voulu combler en établissant, pour la première fois, un protocole de dissection du ténébrion meunier adulte. Les résultats de ces travaux ont été récemment publiés dans le Journal of Veterinary Diagnostic Investigation.