Un semestre consacré au rôle des mathématiques en santé

Par UdeMnouvelles
En 5 secondes Au semestre d’automne, le Centre de recherches mathématiques réunira des spécialistes de plusieurs disciplines pour explorer le rôle croissant des mathématiques en santé.
Un groupe de médecins discutant de formules au bureau au travail.

Du 28 juillet au 13 novembre, le Centre de recherches mathématiques (CRM) de l’Université de Montréal consacrera un semestre thématique à la contribution des mathématiques aux sciences de la santé. Des scientifiques de plusieurs disciplines seront réunis pour étudier comment la modélisation, la statistique et l’intelligence artificielle peuvent aider à mieux comprendre les maladies, à améliorer les soins et à orienter les décisions de santé publique. 

Intitulé Mathématiques pour la santé, le programme mobilisera des experts du Canada et de l’étranger autour d’activités de recherche, de formation et de collaboration.  

Le semestre sera dirigé par Bouchra Nasri, professeure de biostatistique à l’UdeM et spécialiste de la modélisation des menaces en santé publique. Elle sera accompagnée de Caroline Colijn, de l’Université Simon Fraser, et de Celia M. T. Greenwood, de l’Université McGill. 

«La convergence des expertises en modélisation mathématique, en statistique et en intelligence artificielle est essentielle pour faire avancer la santé», souligne Bouchra Nasri. «Le rapprochement entre ces domaines contribue à mieux comprendre les phénomènes complexes et à anticiper les défis émergents.» 

Des outils devenus incontournables 

La pandémie de COVID-19 a mis en lumière le rôle des mathématiques dans la gestion des crises sanitaires. Les courbes épidémiques, l’estimation du taux de reproduction d’un virus, les projections de capacité hospitalière et l’évaluation des stratégies vaccinales reposent notamment sur des modèles mathématiques et statistiques. 

Mais leur contribution dépasse largement l’épidémiologie. Ces outils sont en outre utilisés pour analyser les résultats d’essais cliniques, étudier de grandes quantités de données génomiques, mieux comprendre les interactions entre les agents pathogènes et le système immunitaire ou encore soutenir le développement de la médecine de précision. 

L’intelligence artificielle occupe également une place croissante dans ces travaux. Elle facilite l’analyse de vastes ensembles de données, mais soulève aussi des questions sur la fiabilité des résultats et leur application à différents groupes de patients. 

Faire dialoguer les disciplines

Le programme vise autant à faire progresser la recherche qu’à renforcer les liens entre des milieux qui travaillent souvent sur des questions communes avec des approches différentes. Mathématiciennes et mathématiciens, spécialistes de la statistique et de l’intelligence artificielle, épidémiologistes, biologistes, cliniciennes et cliniciens ainsi que spécialistes de la santé publique seront appelés à échanger tout au long du semestre. 

Cette approche interdisciplinaire est au cœur de l’initiative. Les modèles mathématiques gagnent en pertinence lorsqu’ils s’appuient sur des données cliniques, biologiques ou populationnelles de qualité. À l’inverse, les équipes en santé peuvent tirer profit de nouvelles méthodes d’analyse pour mieux interpréter des phénomènes complexes et mesurer l’incertitude associée aux résultats. 

«Ce programme reflète notre conviction que les mathématiques ont un rôle essentiel à jouer dans la compréhension des grands défis de santé publique», Bouchra Nasri. 

Le semestre donnera également lieu à des collaborations avec des partenaires à l’échelle nationale et internationale, notamment en Afrique et en Australie. Le CRM souhaite ainsi favoriser la circulation des connaissances et la création de nouveaux réseaux de recherche. 

Des séjours pour stimuler les collaborations 

Grâce au soutien de la Fondation Simons, 14 chercheuses et chercheurs de renommée internationale effectueront des séjours d’au moins un mois à l’UdeM. Leur présence favorisera les échanges avec la communauté scientifique québécoise, les étudiantes et étudiants ainsi qu’avec les personnes qui œuvrent dans le domaine de la santé. 

Ces séjours offriront aux équipes invitées l’occasion de poursuivre leurs travaux tout en développant de nouvelles collaborations. De plus, ils contribueront à rapprocher la recherche fondamentale en mathématiques des problèmes concrets auxquels font face les systèmes de santé. 

Le programme abordera notamment la modélisation des maladies infectieuses, l’analyse de données biomédicales, la génétique statistique, la médecine de précision et l’utilisation responsable de l’intelligence artificielle en santé. 

Le programme sera également marqué par la présence de deux titulaires de la Chaire Aisenstadt 2026: Abba B. Gumel de l’Université du Maryland, figure de proue de la modélisation des maladies infectieuses émergentes et Daniela M. Witten de l’Université de Washington, référence internationale en apprentissage statistique appliqué aux données génomiques. 

Une place importante accordée à la relève 

Le CRM entend aussi faire de ce semestre un lieu de formation pour la relève scientifique. Une enveloppe de 60 000 $ sera consacrée au soutien de la participation d’étudiantes et étudiants ainsi que de stagiaires postdoctoraux aux différentes activités. 

Les jeunes chercheuses et chercheurs pourront ainsi suivre des formations, présenter leurs travaux, échanger avec des spécialistes reconnus et élargir leurs réseaux de collaboration. 

En regroupant pendant plusieurs mois des expertises issues des mathématiques, de la statistique, de l’informatique et des sciences de la santé, le CRM souhaite mieux outiller les équipes qui étudient les grands enjeux sanitaires. Le semestre Mathématiques pour la santé mettra ainsi en lumière un domaine souvent peu visible du grand public, mais devenu incontournable pour comprendre les maladies et appuyer les décisions qui touchent la santé. 

Consultez le site du CRM pour en savoir plus.

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