La biostatistique avancée enseignée autrement à l’ESPUM

Par UdeMnouvelles
En 5 secondes Capsules vidéos, travaux pratiques et classe inversée: le projet MEALON propose une nouvelle façon d’enseigner la biostatistique à des étudiants aux parcours variés.
Jérôme Fortier et Cédrik Carrière (doctorants en santé publique-épidémiologie), Bouchra Nasri (professeur agrégée responsable du projet MEALON), Vanessa Bellegarde (coordonnatrice au laboratoire de Bouchra Nasri), Lenny-Seupa Woungang (personnel de recherche).

En statistique, les étudiants et étudiantes ne partent pas tous et toutes du même point. Certains maîtrisent déjà les méthodes quantitatives et la programmation, tandis que d’autres ont moins d’expérience. Comment les amener à suivre un cours de biostatistique avancée? C’est le défi auquel s’est attaquée Bouchra Nasri, professeure à l’École de santé publique de l’Université de Montréal (ESPUM).

Avec son équipe et le soutien du Centre de pédagogie universitaire (CPU), elle a revu le cours consacré aux analyses longitudinales et multiniveaux. Baptisé MEALON (ME: méthodes, A: avancées / analyses, LON: longitudinales), le projet combine capsules vidéos, travaux pratiques, questionnaires et classe inversée pour rendre la matière plus accessible sans en réduire les exigences.

Obligatoire à la maîtrise en biostatistique, offert conjointement avec la Faculté des arts et des sciences, ainsi qu’au doctorat en santé publique, option Épidémiologie, ce cours réunit une dizaine de personnes chaque année. Leurs différences de formation peuvent compliquer l’enseignement et freiner l’apprentissage. 

Apprendre à son rythme, s’exercer en classe

Avec MEALON, une bonne partie de l’apprentissage théorique se fait avant les séances en classe. Il est possible de visionner les capsules vidéos à son rythme et de revenir sur les notions plus difficiles.

Les trois heures hebdomadaires en présentiel sont consacrées aux discussions, aux exercices en petits groupes et à la résolution de problèmes. Des questionnaires permettent à l’équipe enseignante de repérer rapidement les difficultés.

Le contenu reste exigeant: régression linéaire généralisée, modèles à effets mixtes, équations d’estimation généralisées et analyses multiniveaux notamment. Pour mettre ces méthodes en pratique, les étudiantes et les étudiants utilisent le logiciel R et des données synthétiques provenant de CanPath, la plus grande cohorte canadienne en santé des populations.

Des démonstrations enregistrées au tableau lumineux permettent d’approfondir certains concepts, tandis qu’une boîte à outils conçue avec le CPU facilite l’utilisation des ressources numériques de l’Université. La lecture et la présentation d’articles scientifiques illustrent comment ces méthodes sont utilisées en recherche.

Un travail de vulgarisation et de collaboration

Repenser le cours ne s'est pas résumé à enregistrer des capsules vidéos. L’équipe a repris les notes de l’ancien chargé de cours Serge Vincente pour revoir la progression de la matière, simplifier les exemples de programmation avec le logiciel R et rendre les concepts plus concrets.

Pour Cédrik Carrière, doctorant à l’ESPUM sous la direction de Bouchra Nasri et de Vikki Ho, le projet a aussi été une occasion d’explorer le métier d’enseignant. Avec l’accompagnement du CPU, il a cherché comment expliquer des notions complexes quand les connaissances de départ ne sont pas les mêmes pour tous. Un exercice de vulgarisation qui lui a fait découvrir d’autres façons d’enseigner.

Retenu à l’issue de l’appel de projets de développement pédagogique du CPU, MEALON bénéficie d’un accompagnement sur les plans pédagogique, technopédagogique et médiatique, de la conception des activités à leur intégration dans StudiUM.

Les commentaires de la première cohorte étudiante du trimestre d’automne permettront ensuite à l’équipe d’apporter des correctifs et de faire évoluer le cours au fil des sessions.

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