Une idée pour briser l’isolement et la solitude dans les établissements de soins québécois

À l’heure actuelle, la plateforme regroupe 81 bénévoles offrant plus de 150 plages horaires ainsi qu’une quarantaine de milieux cliniques.

À l’heure actuelle, la plateforme regroupe 81 bénévoles offrant plus de 150 plages horaires ainsi qu’une quarantaine de milieux cliniques.

Crédit : Getty

En 5 secondes

Deux étudiantes en ergothérapie de l’UdeM ont lancé une plateforme Web pour jumeler étudiants en santé et milieux cliniques à la recherche de bénévoles.

Justine Labourot

S’engager pour changer les choses. Répondre aux besoins de sa communauté. Développer la relation d’aide. Voilà autant de motivations qui ont poussé cinq étudiants et étudiantes de diverses universités québécoises à mettre sur pied le Projet Uni.D.

Lancée en juillet dernier, cette plateforme Web permet le jumelage entre des étudiantes et des étudiants du domaine de la santé désireux de donner de leur temps et des milieux cliniques ayant des besoins en matière d’accompagnement de leurs patients ou résidents vulnérables.

Justine Labourot et Léanne Brabant, qui étudient en ergothérapie à l'École de réadaptation de l’Université de Montréal, sont les instigatrices du projet. Elles en ont eu l’idée à la suite de leur stage clinique humanitaire CSS 1919. Créé par la Faculté de médecine en réponse à la demande de la Direction générale de la santé publique et du ministère de la Santé et des Services sociaux, ce stage invitait les apprenants en santé à aller prêter main-forte au personnel du réseau pendant la crise sanitaire.

Marquées par leur expérience et sensibilisées à la réalité des personnes âgées, les deux jeunes femmes ont voulu créer une structure pour que se poursuive l’engagement des étudiants et étudiantes dans le réseau. «Grâce au stage, nous avons réellement compris l’effet de notre présence sur le quotidien des résidents, témoigne Justine Labourot. L’expérience a été tellement enrichissante et valorisante; nous avons immédiatement eu envie de recommencer.»

Avec Uni.D, les étudiants et étudiantes bénévoles offrent d’abord et avant tout un soutien social, une présence visant à minimiser les conséquences négatives de l’isolement sur les plans cognitif, physique et affectif. Les tâches vont de la partie de cartes à la marche en passant par des ateliers de dessin et des discussions. «Dans l’optique de briser la solitude, on souhaite simplement créer une relation significative, accompagner les personnes dans la vie de tous les jours», ajoute Léanne Brabant.

Des avantages multiples

Léanne Brabant

Outre les bienfaits évidents pour les résidents et patients des établissements de santé, cette initiative s’avère très pertinente pour la formation des étudiants et étudiantes en sciences de la santé et leur future pratique professionnelle.

«C’est essentiel en début de formation d’avoir ce genre de contact, croit Sylvie Scurti, responsable de la gestion et du développement de la formation clinique au programme d’ergothérapie. Souvent, quand on entame ses études, on ne sait pas encore comment on va se sentir dans la relation d’aide. Ce type d’expérience permet de valider ses choix.»

De façon plus pratique, Uni.D permet également aux deux parties de réduire considérablement les délais liés à l’administration, puisque le processus de jumelage se fait en ligne et ne demande que 10 minutes.

«COVID-19 ou pas, la solitude reste un enjeu important dans notre société. Nous croyons à l’importance de briser l’isolement en tout temps, mais, bien sûr, notre projet prend tout son sens aujourd’hui, alors qu'on doit faire face à une deuxième vague», conclut Léanne Brabant.