Des experts veulent mieux loger les aînés

  • Forum
  • Le 24 novembre 2020

  • Mathieu-Robert Sauvé
Projet de l’étudiante Danaé Vandal, maîtrise en architecture, Université de Montréal, 2018.

Projet de l’étudiante Danaé Vandal, maîtrise en architecture, Université de Montréal, 2018.

Crédit : Danaé Vandal

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Gonzalo Lizarralde réunit cette semaine des experts de l’architecture et de l’urbanisme pour repenser l’hébergement des aînés.

Depuis le triste bilan des décès survenus au Québec durant la première vague de la pandémie de COVID-19 alors que 92 % des victimes avaient 70 ans et plus, on a beaucoup réfléchi sur la pénurie de la main-d’œuvre et les problèmes du système de santé. «On a négligé une question importante: comment sont hébergés les aînés? Y aurait-il des moyens de mieux les loger? Il faut impérativement repenser tout ça», dit Gonzalo Lizarralde, professeur à l’École d’architecture de l’Université de Montréal.

Dans le cadre d’une rencontre virtuelle qui se tiendra en avant-midi le 27 novembre, urbanistes, architectes et universitaires uniront leurs expertises pour proposer ensemble des solutions. L’objectif est de repenser le logement des aînés. Cela représente «un chantier ambitieux et de longue haleine, qui exige non seulement le réaménagement de dimensions constructives telles que les codes, solutions spatiales et paramètres techniques, mais aussi une réflexion et des changements plus profonds quant à nos façons d’habiter, de prendre soin des autres et d’établir des liens sociaux», peut-on lire dans la présentation du séminaire auquel 125 personnes se sont déjà inscrites.

Le professeur Lizarralde tient à préciser que le Québec ne fait pas figure d’exception au chapitre des décès des personnes âgées des suites de la COVID-19. Aux États-Unis, environ 43 % des morts causées par le coronavirus sont liées aux centres d’hébergement pour aînés et l’Europe affiche un tableau similaire.

Dur réveil

Le 3 août dernier, le professeur a fait paraître un article dans La Presse qui résumait les enjeux. «Soutenir que la crise des centres d’hébergement et de soins de longue durée est avant tout un problème de personnel est illusoire et démontre une vision réductrice du problème, écrivait-il. En réalité, le pays se réveille de cette crise face à un constat plus important: il faut repenser les modes d’habitation de nos aînés. Il s’agit d’un problème d’aménagement et d’architecture.»

Le programme de la rencontre prévoit des communications sur «l’environnement destiné aux aînés» (par Rana Boubaker, étudiante de doctorat en aménagement à l’UdeM), les problèmes liés aux aînés atteints de problèmes cognitifs (par Philippe Voyer, de la Faculté des sciences infirmières de l’UdeM), les enjeux médicaux et éthiques dans les résidences pour personnes âgées (par Magaly Brodeur, de la Faculté de médecine et des sciences de la santé de l’Université de Sherbrooke) et la perspective territoriale de la question (par Serge Filion, urbaniste). Le mot de la fin sera présenté par Daniel Pearl, professeur à la Faculté de l’aménagement de l’UdeM.

Cette activité se tient sous la houlette de la Chaire Fayolle-Magil Construction, dont Gonzalo Lizarralde est le titulaire.

Information: seminairesinterfaces.ca/programme-du-seminaire/.