Combien d'enseignants ont eu la COVID-19?

L'étude québécoise s'appuiera sur une étude existante financée par le GTIC, appelée EnCORE, qui a permis d’évaluer le nombre d'élèves et d'enfants en garderie atteints par le SRAS-CoV-2 dans quatre quartiers de Montréal.

L'étude québécoise s'appuiera sur une étude existante financée par le GTIC, appelée EnCORE, qui a permis d’évaluer le nombre d'élèves et d'enfants en garderie atteints par le SRAS-CoV-2 dans quatre quartiers de Montréal.

Crédit : Getty

En 5 secondes

Des chercheurs de l'UdeM, de l'Ontario et de la Colombie-Britannique tenteront de déterminer la prévalence de la maladie chez les enseignants et l'effet de la pandémie sur leur santé mentale.

Trois projets de recherche – un au Québec, un en Ontario et un en Colombie-Britannique – permettront d'estimer combien d'enseignants et de membres du personnel de l’éducation ont été infectés par le SRAS-CoV-2, le virus responsable de la COVID-19, grâce à un financement de 2,9 M$ du Groupe de travail sur l'immunité face à la COVID-19 (GTIC).

Ces études visent à éclairer la prise de décision quant aux stratégies de prévention dans les quartiers, les écoles et les garderies et contribueront à la surveillance des vaccins une fois que ceux-ci seront rendus disponibles pour les membres du personnel de l’éducation. Les études évalueront également les répercussions de la pandémie sur leur santé mentale.

«De nombreux experts s'accordent à dire que le maintien des enfants à l'école est la meilleure option pour leur éducation et leur santé mentale, a déclaré la Dre Theresa Tam, responsable de la santé publique au Canada. Mais nous devons aussi comprendre quels sont les risques pour les enseignants en termes d'infection et de conséquences sur la santé mentale».

Des échantillons de sang seront prélevés afin d'établir combien d'entre eux présentent des anticorps contre le SRAS-CoV-2, indiquant une précédente infection. Un questionnaire permettra en outre de déterminer à la fois les risques auxquels ils sont confrontés et les mesures de protection qu'ils ont prises sur les plans individuel, familial, professionnel et communautaire.

Opter pour la vaccination

Ces études permettront de dire combien de personnes du secteur de l’éducation choisiront de se faire vacciner une fois que leur tour de recevoir le vaccin sera venu. On examinera également à divers intervalles les anticorps détectés dans leur sang après la vaccination pour voir ce que cela pourrait signifier pour leur immunité.

«Bien que le personnel des garderies et des écoles ait été associé à plusieurs cas de COVID-19 à travers le pays, nous n'avons pas encore beaucoup de données sur le nombre d'employés des écoles qui ont eu des infections asymptomatiques, c'est-à-dire qui n'ont pas eu de symptômes mais qui ont quand même pu transmettre le virus», a mentionné la Dre Cate Hankins, coprésidente du GTIC.

Selon la Dre Hankins, «la pandémie a aussi eu des effets négatifs sur ces personnes que les études documenteront. On peut penser au risque d'infection par le SRAS-CoV-2, au fait d'avoir à veiller au respect des mesures sanitaires et aux perturbations sur leur travail et leur lieu de travail».

L'étude québécoise s'appuiera sur une étude existante financée par le GTIC, appelée EnCORE, qui a permis d’évaluer le nombre d'élèves et d'enfants en garderie atteints par le SRAS-CoV-2 dans quatre quartiers de Montréal. La nouvelle recherche portera sur les mêmes écoles et garderies à Beaconsfield, Hochelaga-Maisonneuve, Montréal-Nord et Le Plateau-Mont-Royal afin de connaître combien de membres des personnels enseignant et de l’éducation ont eu la COVID-19 et de mesurer la fluctuation des niveaux d'anticorps au cours des six prochains mois. De plus, l'étude permettra de révéler les problèmes de santé émotionnelle et mentale liés à la pandémie.

Un questionnaire en ligne

«Les participants auront à remplir un questionnaire en ligne qui permettra de recueillir des informations sur la santé, la sociodémographie, les mesures de prévention de la COVID-19 et la santé mentale et émotionnelle, a indiqué Kate Zinszer, professeure adjointe à l'École de santé publique de l'UdeM et chercheuse à l'Institut de recherche en santé publique de l’Université. Nous allons également leur demander s'ils ont reçu un vaccin, et lequel, et intégrer ces renseignements dans notre analyse.»

L'étude ontarienne vise à recruter 7000 enseignants et travailleurs de l'éducation qui seront suivis pendant 12 mois afin de désigner les facteurs associés à l'infection.

«Les analyses sanguines constituent une partie importante de notre étude, a dit Brenda Coleman, chercheuse au Sinai Health et professeure adjointe à l'École de santé publique Dalla Lana de l'Université de Toronto. Elles nous permettent de déterminer combien de participants ont déjà été exposés au virus, combien y sont exposés entre l'inscription à l’étude et la fin de l'étude, si la vaccination entraîne la production d’anticorps et si les niveaux d'anticorps changent avec le temps. Nous leur demandons aussi de remplir les questionnaires afin d'évaluer leur degré de détresse au fil du temps.»

Zoom sur Vancouver

En Colombie-Britannique, l'étude portera sur le personnel de l’éducation et les élèves du district scolaire de Vancouver. Elle vise à estimer combien d'enseignants ont déjà contracté la COVID-19 en vérifiant la présence d'anticorps dans des échantillons de sang. L'étude examinera également le risque d'exposition au SRAS-CoV-2 dans les écoles et évaluera les répercussions de la pandémie sur la santé mentale des volontaires.

«Pour obtenir le tableau plus complet du nombre de personnes exposées au virus dans les écoles, l'équipe de recherche vérifiera dans les échantillons de sang la présence d'anticorps indiquant une exposition antérieure au SRAS-CoV-2, a signalé le pédiatre Pascal Lavoie, chercheur à l'institut de recherche du BC Children’s Hospital et professeur associé à l'Université de la Colombie-Britannique. De plus, dans les mois à venir, lorsqu'un élève aura été déclaré positif à la COVID-19, nous testerons les élèves qui auront été en contact direct avec lui en utilisant un test de dépistage par gargarisme qui a d'abord été évalué et mis en place au BC Children's Hospital.»

Les chercheurs des trois études provinciales informeront le personnel des écoles participantes à savoir si ses membres ont des anticorps contre le SRAS-CoV-2, bien que cela ne garantisse toujours pas l'immunité contre le virus qui cause la COVID-19.

À propos du Groupe de travail sur l'immunité face à la COVID-19

Fin avril 2020, le gouvernement du Canada a créé le Groupe de travail sur l'immunité face à la COVID-19 (GTIC), dont le mandat est de deux ans. Le Groupe de travail est composé de scientifiques canadiens de premier plan et d’experts d'universités et d'établissements de soins de santé de tout le Canada qui s'efforcent, à titre bénévole, de comprendre la nature de l'immunité découlant du nouveau coronavirus à l'origine de la COVID-19. À cette fin, le GTIC soutient de nombreuses études visant à déterminer l'étendue de l'infection par le SRAS-CoV-2 au Canada (dans la population générale ainsi que dans des communautés prioritaires), à comprendre la nature de l'immunité après l'infection, à mettre au point des tests améliorés pour déceler la présence d’anticorps et à aider à surveiller l'efficacité et l'innocuité des vaccins au fur et à mesure de leur entrée au Canada.