Chloé Frédette, étudiante de doctorat de Jacques Brisson aujourd’hui diplômée, vient de faire paraître des résultats importants dans la revue Water Research. Ensemble, les deux chercheurs ont mis au point un modèle pour maximiser le potentiel d’évapotranspiration des plantes.
«Le projet de Chloé Frédette portait sur le design original d’un marais à effluent nul pour le traitement des eaux industrielles polluées, indique M. Brisson. Le principe est de complètement éliminer l’eau contaminée par évapotranspiration de sorte qu’il n’y ait aucun rejet à la sortie.»
Le chercheur précise qu’un marais à effluent nul est une enceinte imperméable artificielle remplie de sable grossier où ont été plantés des végétaux. «L’eau polluée est acheminée vers le sable, les plantes absorbent cette eau, puis la rejettent dans l’atmosphère sous forme de vapeur de façon à immobiliser les contaminants résiduels dans le sol, sans risque de propagation dans l’environnement. Les plantes et les bactéries associées à leurs racines peuvent aussi dégrader certains contaminants et les rendre moins toxiques.»
Le concept de marais filtrant existe depuis longtemps et est répandu, principalement en Europe. Le côté novateur du projet de Chloé Frédette et Jacques Brisson réside dans la création d’un modèle adaptatif de marais pour optimiser le traitement de l’eau de lixiviats – un mélange d’eau de pluie et de contaminants enfouis.
«La grande question était la suivante: comment concevoir un marais à effluent nul quand la quantité d’eau dirigée vers celui-ci est imprévisible car variable en fonction des précipitations? Au final, la solution se trouve dans la forme du marais, le choix des végétaux et l’installation d’un bassin de stockage temporaire pour l’eau.»
Élaboré dans un contexte météorologique montréalais, ce modèle pourrait toutefois être utilisé sous toutes les latitudes en choisissant, bien sûr, des plantes dotées d’une importante capacité d’évapotranspiration propres à ces climats. «Le potentiel d’application de cette approche verte est énorme, d’autant plus qu’elle est peu coûteuse par rapport aux usines d’épuration traditionnelles», s’enthousiasme Jacques Brisson.