Des programmes aux allures de «ghettos féminins»
Il y a 111 ans, l’Université remettait pour la première fois un diplôme à une femme: Marie Gérin-Lajoie – qui allait devenir une figure de proue du féminisme au Québec au siècle dernier – a obtenu en 1911 un baccalauréat ès arts de l’Université Laval à Montréal (l’UdeM était alors une «succursale» de l’établissement de Québec).
Près de 30 ans plus tard, soit en 1939, Marcelle Gauvreau fut la première francophone du Québec à obtenir une maîtrise en sciences naturelles. Diplômée de l’UdeM et pionnière de l'enseignement préscolaire au Québec, Mme Gauvreau fut notamment la secrétaire personnelle de Conrad Kirouac, alias le frère Marie-Victorin.
Mais il s’agissait là de «cas» rarissimes.
En fait, «les filles ont longtemps été absentes de l'éducation supérieure […]. Elles ont formé des “ghettos féminins” [en sciences infirmières, en technologie médicale ou en réadaptation]», selon l'historienne Johanne Collin**.
Qui plus est, l'Université de Montréal avait son école de sciences ménagères en 1957, «où la jeune fille apprenait l'importance et la beauté de son triple rôle d'épouse, de mère et de ménagère», écrivait Denise Pelissier dans le Répertoire numérique détaillé du Fonds de l'École ménagère provinciale, publié en 1979.