La Cour pénale internationale (CPI), qui siège à La Haye, a commencé ses activités en 2002. Elle permet d’amener des individus devant la justice pour des crimes internationaux, dans ce cas des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité. «Dès qu’on a une situation de guerre, le droit de la guerre s’applique et certains actes ne sont pas permis, par exemple les attaques dirigées contre les civils», précise Miriam Cohen. Étant donné que l’Ukraine avait déclaré accepter ponctuellement la compétence de la Cour pour les actes commis dans son territoire à partir de 2013, le nouveau procureur de la CPI, Karim Khan, a récemment ouvert une enquête sur «toute allégation de crime relevant de la compétence de la CPI», poursuit-elle.
Si les bombardements de l’hôpital de Marioupol ont secoué le public, obtenir une condamnation pour un tel acte sera plus complexe. «Tout ce qu’on voit en ce moment dans les journaux, ce n’est pas nécessairement ce qui sera vu devant la Cour. C’est normal qu’on se demande quel est le responsable de ces actes, de vouloir le poursuivre, mais parvenir à une éventuelle condamnation devant la CPI prend plus de temps. Il faut suivre les procédures, recueillir des preuves pour ensuite arrêter et poursuivre des individus pour des crimes de guerre ou des crimes contre l’humanité», prévient Mme Cohen. Les responsables d’actes criminels (voire de crimes de guerre) spécifiques, et non de «la guerre», doivent être déterminés.
Une fois les preuves suffisantes obtenues, il faudra compter sur la coopération des États parties au Statut de Rome de la CPI pour que les arrestations surviennent. Pour ce qui est de Vladimir Poutine par exemple, «ce sera un défi de l’arrêter, puisque la Russie n’est pas un État partie», avance la professeure.