Assane, un homme trans non binaire, est atteint d’une infection urinaire. La consultation d’un médecin s’impose, mais sa dernière expérience à la clinique a été négative au point de l’empêcher d’y retourner, le personnel ayant manifesté une attitude irrespectueuse à l’égard de son identité de genre. Pourtant, un simple antibiotique, administré dès les premiers symptômes, aurait suffi à soigner l’infection, qui s’est maintenant propagée aux reins et nécessite une hospitalisation.
L’histoire d’Assane illustre bien les effets néfastes provoqués par la crainte, très présente dans les communautés trans et non binaire, de consulter un professionnel de la santé.
Dans le cadre de ses travaux de recherche, la professeure de l’École de travail social de l’Université de Montréal Annie Pullen Sansfaçon a trop souvent entendu parler de jeunes personnes trans et non binaires qui reportent des rendez-vous médicaux importants au prix d’une détérioration de leur état de santé.
Forte du succès obtenu par son premier cours en ligne Trans·diversité: comprendre et respecter la transdiversité grâce à l’éducation, l’équipe dirigée par Annie Pullen Sansfaçon en a conçu une deuxième version qui s’adresse cette fois aux professionnels de la santé et des services sociaux ainsi qu’à la relève étudiante dans ces domaines.
«Il existe un retard important à rattraper concernant l’intégration des connaissances et des pratiques nécessaires pour mieux accompagner les individus trans et non binaires», souligne Morgane Gelly, professionnel(le) de recherche qui a participé à la création de la nouvelle formation.
Plusieurs établissements de santé ou de services sociaux, dans les sphères tant privée que publique, demeurent mal adaptés à la réalité des personnes trans et non binaires. «Le personnel de ces établissements, malgré sa bonne volonté, a souvent de la difficulté à s’adapter, car la grande majorité ne sait pas comment rendre le milieu plus inclusif et n’a jamais reçu de formation pour bien répondre aux besoins de ces personnes», dit Mme Sansfaçon, qui est aussi titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les enfants transgenres et leurs familles de l’UdeM.
«La formation a pour but de faire comprendre la complexité des parcours et des expériences des personnes trans et non binaires au sein du système de santé et de services sociaux, mais également de montrer comment des adaptations simples peuvent réellement contribuer à améliorer l’accès aux services», explique Rosalie Gravel, assistant de recherche ayant aussi travaillé à la mise sur pied du projet.