Un modèle numérique basé sur la théorie de Darwin
Partant de l’hypothèse selon laquelle la vie a commencé sur Terre grâce à des réseaux de molécules autoreproductrices, les chercheurs ont modélisé par ordinateur divers environnements qui leur ont permis d’observer l’évolution des interactions qui auraient prévalu lors de l’apparition de la vie.
«En physique, nous nous intéressons de façon plus large à l’émergence de la complexité, dont le domaine du vivant, dit Alexandre Champagne-Ruel. Or, plusieurs modèles d’émergence du vivant présupposent une certaine forme de collaboration entre les constituants en jeu.»
Dans un premier temps, son directeur de thèse et lui ont basé leur modèle sur le dilemme du prisonnier, une composante de la théorie des jeux utilisée dans différents domaines scientifiques pour analyser les interactions entre les «joueurs», qui peuvent être en compétition, se comporter de manière parasitique ou coopérer en fonction des avantages qu’ils en tirent.
Puis, ils ont intégré graduellement les trois éléments principaux d’un système darwinien, soit la sélection, l’héritabilité et la variation (ou mutation) – la simulation se déroulant sur une grille dans laquelle les «joueurs» s’affrontent librement et à répétition.
«Durant la simulation, nous comptabilisons les stratégies qui obtiennent les meilleurs pointages et leur permettons de se propager, recréant une dynamique qui a pu prévaloir dans un environnement prébiotique», ajoute l’auteur principal de l’étude.