L’astronomie pour tous

En 5 secondes Une journée de formation destinée aux enseignants du secondaire et du collégial et à des animateurs scientifiques s’est déroulée en marge du congrès annuel de la Société canadienne d’astronomie.
Frédérique Baron, coordonnatrice principale au Département de physique de l’Université de Montréal et présidente du comité organisateur du congrès

Le congrès 2026 de la Société canadienne d’astronomie a attiré près de 400 astronomes sur le campus MIL de l’Université de Montréal du 9 au 11 juin. À cette occasion, une journée de formation qui s’adresse au personnel enseignant du secondaire et du collégial est organisée depuis plusieurs années à l’initiative de Julie Bolduc-Duval, créatrice du programme À la découverte de l’univers. «L’astronomie permet de réfléchir à notre planète et de s’émerveiller devant sa beauté, et l’émerveillement favorise l’empathie. Parce que la Terre est notre seul vaisseau, parfaitement adapté pour nous, et qu’il faut le conserver», a-t-elle déclaré.

«Cette journée permet à des enseignants et enseignantes de côtoyer des astronomes de partout», a dit Frédérique Baron, coordonnatrice principale au Département de physique de l’UdeM et présidente du comité organisateur du congrès cette année. Aux pauses, les participants étaient invités à se mêler aux astronomes et aux astrophysiciens et à découvrir l’une des nombreuses affiches scientifiques.

Une vingtaine de membres du personnel enseignant d’écoles secondaires, de cégeps et même du primaire, des animateurs et des communicateurs scientifiques ainsi que des conseillers pédagogiques ont pris part à la journée du 9 juin. «L’objectif, c’est de montrer qu’il se fait, au Québec et au Canada, de l’astronomie de haut niveau», a-t-elle ajouté.

Pour une meilleure parité en sciences

C’est le professeur du Département de physique Jean-François Carrier qui a amorcé la journée en présentant Parité sciences, une initiative née à l’Université de Montréal. «Notre objectif est d’améliorer la représentation des femmes dans les baccalauréats en sciences: physique, informatique, ingénierie, mathématiques», a-t-il remarqué. 

«Dès l’enfance, les femmes font face à davantage d’obstacles dans la construction d’une forte identité scientifique», a poursuivi le professeur. Parité sciences vise donc le groupe le plus influent – après les parents – quant à cette question d’identité et au choix de carrière: le personnel enseignant. L’initiative propose des formations et outils, de même qu’une communauté de pratique, dans le but de combattre les biais inconscients et de faire réfléchir aux manières de présenter les modèles féminins. «La parité, ça commence dans la salle de classe», a souligné Jean-François Carrier. 

L’astronomie faite au Québec

Les acteurs du milieu de l’éducation ont ensuite eu un aperçu du travail des astrophysiciens, assez loin de celui des astronomes amateurs. «La majorité de ma vie d’astrophysicienne se passe devant mon ordinateur plutôt que d’observer le ciel directement», a raconté Frédérique Baron. Les nouveaux instruments permettent en effet d’accumuler de plus en plus d’images qu’il faut classer et analyser avec des outils d’apprentissage automatique. 

«Le plus difficile dans mon parcours a été de déconstruire le fait qu’en recherche il n’y a pas de “bonne réponse”. Nous ne comprenons qu’une petite partie de l’Univers… mais c’est ce que je trouve fascinant!» a mentionné celle qui a présenté les travaux en astronomie effectués au Québec et au Canada et les différents axes de recherche. «On est bons, je dirais même bonnes, à l’UdeM», a-t-elle affirmé. Si les chercheuses et chercheurs québécois sont à la tâche dans tous les grands axes de recherche, des étoiles aux galaxies, l’Université de Montréal est un leader dans la recherche sur les exoplanètes grâce à l’Institut Trottier de recherche sur les exoplanètes (IREx).

Au-delà de la lumière visible

La contribution de l’Université de Montréal à la conception d’instruments pour le télescope James-Webb a d’ailleurs pu lui garantir du temps d’observation. Nathalie Ouellette, coordonnatrice de l’IREx, a offert une présentation sur le plus gros télescope spatial qui, en détectant la lumière invisible, repousse les limites de l’observation. «L’objectif scientifique de James-Webb, c’est de découvrir des mondes extraterrestres. Pour comprendre tout ce qui se passe dans l’Univers, on doit étudier tous les spectres de la lumière. Mais comme l’atmosphère nous protège de plusieurs rayons, il faut aller dans l’espace pour les observer», a-t-elle expliqué.

L’accès à cet outil est fortement contingenté, comme l’ont constaté les participants et participantes. En fin d’avant-midi, Alexandrine L’Heureux, doctorante à l’IREx, a présenté une activité à faire en classe qui simule la demande de temps d’utilisation du télescope James-Webb. «Ça permet de montrer de quoi est fait le travail des scientifiques. L’exercice fait par ailleurs appel à plusieurs concepts en astronomie», a indiqué la doctorante.   

En après-midi, des spécialistes présents au congrès de la Société canadienne d’astronomie sont venus parler de leurs travaux de recherche et de plusieurs ressources éducatives, dont les diplômés de l’UdeM Marie-Lou Gendron-Marsolais, professeure à l’Université Laval, et Vincent Hénault-Brunet, professeur à l’Université Saint Mary’s, à Halifax, et directeur de l’observatoire Burke-Gaffney.

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