Se faire raconter une histoire dans le ventre de sa mère… en trois langues!
Pour vérifier cette hypothèse, l’équipe de recherche a recruté 72 femmes enceintes suivies au CHU Sainte-Justine qui ont été séparées en trois groupes.
Dans les deux premiers, les futures mères devaient faire écouter quotidiennement aux fœtus, par l’entremise d’écouteurs placés sur l’abdomen, la même histoire du personnage de Martine en deux langues – français et allemand ou français et hébreu – à compter de la 35e semaine de grossesse. Les femmes qui composaient le troisième groupe ou groupe témoin n’ont été soumises à aucun protocole.
«L’allemand et l’hébreu ont été choisis en raison de leurs propriétés rythmiques qui sont très différentes du français et ce sont deux langues qui diffèrent aussi de façon importante entre elles sur le plan phonologique, expliquent le doctorant en neuropsychologie Charles Lepage et la chargée de projet Phetsamone Vannasing. Cela nous permet d’évaluer tous les aspects de la langue et de mesurer la réponse et le développement du langage chez les nouveau-nés.»
Puis, dans les 48 heures suivant leur naissance, on refait entendre l’histoire, cette fois dans les trois langues, aux poupons, à qui l’on a installé un casque muni de capteurs qui mesurent l’activation cérébrale grâce à une technologie de spectroscopie proche de l’infrarouge.
Ces enregistrements de l’activité du cerveau seront effectués à différentes étapes de la croissance des enfants jusqu’à l’âge de trois ans afin de pouvoir observer la trajectoire du développement cérébral, langagier et cognitif.