Un monde d'eau
L’exoplanète TOI-1452 b est sans doute rocheuse comme la Terre, mais son rayon, sa masse et sa densité pointent vers un monde très différent du nôtre. La Terre est une planète particulièrement aride. Même si on la surnomme parfois la planète bleue – en référence aux océans qui couvrent quelque 70 % de sa surface –, l'eau ne compte que pour une fraction négligeable de sa masse, moins de un pour cent.
Parmi les exoplanètes, il pourrait y avoir des mondes où l’eau est beaucoup plus abondante. Dans les dernières années, les astronomes ont repéré plusieurs exoplanètes de taille intermédiaire entre la Terre et Neptune (qui fait environ 3,8 fois la dimension de la Terre) pour lesquelles on connaît à la fois le rayon et la masse. Certaines de ces planètes ont une densité qui ne s'explique que si une large fraction de la masse est constituée de matériaux plus légers que ceux qui composent la structure interne de la Terre, comme l'eau. Ces mondes hypothétiques sont appelés «planètes océan».
«L’exoplanète TOI-1452 b est l’une des meilleures candidates au titre de planète océan que l’on connaît jusqu’à présent, indique Charles Cadieux. Le rayon et la masse de la planète laissent supposer une densité plus faible que la valeur attendue pour une planète qui, à l'instar de la Terre, serait essentiellement formée de métaux et de roche.»
Mykhaylo Plotnykov et Diana Valencia, de l'Université de Toronto, sont spécialistes des modèles de structure interne d'exoplanètes. Pour TOI-1452 b, leur analyse permet de déduire que la fraction de la masse en eau de la planète pourrait atteindre 30 %, soit une fraction analogue à celle de certains satellites naturels du système solaire comme Ganymède et Callisto, des lunes de Jupiter, ou Titan et Encelade, des lunes de Saturne.