Une technologie créative pour des applications pratiques
Nommée BiosensUM, l’équipe de l’UdeM a conçu un dispositif capable de détecter en cinq minutes l’interleukine-6 dans le plasma sanguin, soit une protéine en cause dans le déclenchement de l’inflammation. De la taille d’une boîte de mouchoirs, l’instrument fait appel aux propriétés optiques de certains métaux, notamment l’or, pour déceler le messager chimique de l’inflammation.
«C’est une technologie encore jamais décrite dans la littérature scientifique, indique Ryma Boudries, cocapitaine de l’équipe et étudiante au baccalauréat en chimie à l’Université de Montréal. Nous avons utilisé de la fibre de borosilicate [un type de verre] sur laquelle nous avons superposé des nanoparticules d’or surmontées d’anticorps. La fibre de borosilicate transmet le signal, les nanoparticules l’amplifient et les anticorps se chargent de capturer la cible moléculaire souhaitée.»
Ainsi, on peut détecter rapidement dans le sang le biomarqueur de l’inflammation, surveiller son évolution en temps réel et intervenir tôt, sachant qu’un choc septique – ou une réaction inflammatoire aigüe – peut mettre en danger la vie du patient.
«Quand le corps fait face à des concentrations trop élevées de molécules inflammatoires, il y a un risque de défaillance des organes. Et ce processus se produit très vite, d’où l’intérêt de vouloir repérer rapidement les marqueurs inflammatoires», précise Ryma Boudries.