Quand j’ai commencé à réfléchir à l’expression que je voulais défendre, plusieurs me sont venues à l’esprit: être à bout de souffle, toutes les routes mènent à Rome, viser juste, l’espoir fait vivre ou encore entre deux eaux. En réalité, mettre les voiles arrivait seulement en sixième position.
Mais au fond de moi, je savais que je voulais parler d’un sujet précis: les politiques migratoires. Je cherchais donc une expression capable de refléter cet enjeu.
L’élément déclencheur remonte en réalité à 2010. J’étais bénévole dans un centre d’accueil pour demandeurs d’asile et j’y ai rencontré un petit garçon originaire du Donbass, prénommé Yuriy. Très naïvement, je lui ai demandé s’il préférait son pays d’origine ou la France. Il avait neuf ou dix ans et il m’a répondu: «La France, parce que quand je me réveille, il n’y a pas le bruit des bombes au-dessus de ma tête.»
Ce jour-là, je me suis dit que je voulais orienter mes études vers ces questions. Aujourd’hui, je continue à construire ma réflexion à travers différentes expériences, dont ce concours. L’idée est de parler des sujets qui fâchent, mais d’en parler mieux, avec les mots justes.