Estelle Rossetti, finaliste du concours «Délie ta langue!»

En 5 secondes Avec l’expression mettre les voiles, Estelle Rossetti représentera l’UdeM à la finale du concours d’éloquence le 30 mars.
Estelle Rossetti

Le lundi 30 mars, l’auditorium de Bibliothèque et Archives nationales du Québec accueillera la grande finale du concours d’éloquence «Délie ta langue!». Parmi les 14 finalistes, Estelle Rossetti, étudiante au baccalauréat en études internationales, représentera l’Université de Montréal avec une interprétation engagée de l’expression mettre les voiles, qu’elle relie aux enjeux contemporains des politiques migratoires.

Rencontre avec une étudiante pour qui la parole est aussi un outil d’engagement.

Questions Réponses

Pourquoi avez-vous choisi de participer à ce concours? 

Pour être tout à fait honnête, tout a commencé un peu par hasard. Il y a deux ans, je me suis retrouvée sur les bancs de la Bibliothèque nationale du Québec. C’était un après-midi où je n’avais pas grand-chose à faire, et je me suis dit: pourquoi ne pas aller voir ce concours. 

En écoutant les différents candidats et candidates, je me suis rendu compte que cet exercice me parlait beaucoup. Quand on porte un sujet qui nous tient à cœur, c’est plus facile d’avoir envie d’en parler, mais il faut aussi oser franchir le pas et monter sur scène. 

En grandissant, j’ai souvent entendu des remarques comme «tu parles trop fort» ou «tu parles trop vite». Cela a façonné ma personnalité. J’ai donc vu dans ce concours une occasion d’apprendre à poser ma voix, à choisir mes mots et à réfléchir davantage avant de parler. 

La préparation m’a aussi beaucoup attirée. Je voulais bénéficier de la formation en amont pour apprivoiser mes propres défis oratoires et apprendre à manier la rhétorique. Dans le cadre de ma formation en études internationales et en science politique, la parole est plus qu’un outil: c’est presque notre stylo. J’avais envie de mieux me préparer à un avenir professionnel où je serai amenée à prendre la parole publiquement. 

Pourquoi avoir choisi l’expression mettre les voiles? 

Quand j’ai commencé à réfléchir à l’expression que je voulais défendre, plusieurs me sont venues à l’esprit: être à bout de souffle, toutes les routes mènent à Rome, viser juste, l’espoir fait vivre ou encore entre deux eaux. En réalité, mettre les voiles arrivait seulement en sixième position. 

Mais au fond de moi, je savais que je voulais parler d’un sujet précis: les politiques migratoires. Je cherchais donc une expression capable de refléter cet enjeu. 

L’élément déclencheur remonte en réalité à 2010. J’étais bénévole dans un centre d’accueil pour demandeurs d’asile et j’y ai rencontré un petit garçon originaire du Donbass, prénommé Yuriy. Très naïvement, je lui ai demandé s’il préférait son pays d’origine ou la France. Il avait neuf ou dix ans et il m’a répondu: «La France, parce que quand je me réveille, il n’y a pas le bruit des bombes au-dessus de ma tête.» 

Ce jour-là, je me suis dit que je voulais orienter mes études vers ces questions. Aujourd’hui, je continue à construire ma réflexion à travers différentes expériences, dont ce concours. L’idée est de parler des sujets qui fâchent, mais d’en parler mieux, avec les mots justes. 

Quand vous avez été sélectionnée, comment vous êtes-vous sentie? 

C’était assez drôle, parce que je sortais d’un examen. Pendant l’épreuve, je savais que j’allais recevoir la réponse ce jour-là. J’hésitais entre attendre d’être rentrée chez moi pour ouvrir le courriel ou le lire directement à l’université. Finalement, ma curiosité a pris le dessus: j’ai ouvert le message dans les escaliers, en sortant de la salle d’examen, avec une amie. 

Quand j’ai vu que j’étais la finaliste, j’ai littéralement sauté dans ses bras. Ça m’a fait oublier les trois heures d’examen que je venais de passer! Ensuite, j’ai appelé mes parents et mes proches pour leur dire de réserver leur soirée du 30 mars afin de venir me soutenir. À ce moment-là, je me suis dit: ça y est, les choses sérieuses commencent! 

Comment voyez-vous la suite? 

Je suis quelqu’un d’assez stressé de nature, donc c’est forcément une grande source de pression. Mais je n’ai pas envie que ce stress prenne le dessus sur le sens de mon discours. 

Sur scène, je veux simplement donner le meilleur de moi-même et porter haut les valeurs de dignité, de fraternité et de solidarité. Mon objectif est de refléter l’enjeu qu’il y a derrière ces questions à ma manière, d’être une porte-parole de cette cause. 

J’espère que le stress ne me handicapera pas trop le jour J. Mais je suis convaincue que l’effervescence du concours, les rencontres que j’ai pu faire durant la formation, celles que je ferai lors de la finale et bien sûr le public seront là pour m’accompagner dans ce défi. 

À propos de la finale du concours d’éloquence «Délie ta langue!»

Date: Le lundi 30 mars à 16 h

Lieu: Auditorium de Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 475, boulevard De Maisonneuve Est, à Montréal et en ligne

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