… pour mieux autonomiser les femmes
L’immersion dans l’eau de la femme enceinte pendant le travail et surtout la naissance a pour but de faciliter le passage du nouveau-né du liquide amniotique vers le monde extérieur.
Les principaux avantages de cette pratique sont d’augmenter le confort et la relaxation de la mère et d’ainsi réduire la douleur, le besoin d’analgésiques, les déchirures périnéales (la chaleur permettant de détendre les tissus périnéaux), les manœuvres instrumentales et, par extension, la durée du travail.
Pour Thomas G. Poder, outre les bienfaits cliniques, l’immersion dans l’eau, lorsque ses aspects techniques et sécuritaires sont couverts, permet aux femmes de se réapproprier leur corps et leur accouchement. «L’accouchement est devenu très médicalisé et le recours à l’eau sort cette étape de vie importante du domaine purement clinique en campant les femmes dans un environnement plus attentif à leurs besoins. C’est une façon de reprendre le pouvoir sur sa destinée», mentionne-t-il.
S’il existe des risques – inhalation d’eau par le nouveau-né, infection, visibilité réduite du périnée –, le chercheur souligne que, selon la littérature scientifique, ils restent minimes et peuvent se comparer à ceux d’un accouchement classique sous une supervision adéquate.
«Le recours au bain n’est pas recommandé pour un accouchement par le siège par exemple, mais pour l’ensemble des accouchements dits à faible risque, il est très sécuritaire, croit-il. Il s’agit simplement d’élargir les esprits de tous pour que davantage de bains soient implantés dans les structures sanitaires et que les préférences des femmes soient entendues.»