Devenir parent représente un bouleversement majeur. À la fatigue et aux changements du quotidien s’ajoutent des questions qui peuvent devenir envahissantes: est-ce que je m’occupe suffisamment bien de mon bébé? Est-ce que je pose les bons gestes? Suis-je à la hauteur?
C’est précisément ce que décrit le concept d’autoefficacité parentale. Il ne s’agit pas simplement de se demander si l’on est une «bonne mère», mais aussi de croire que ses actions ont un effet réel sur le développement et le bien-être de son enfant.
Une vaste étude longitudinale menée auprès de femmes et de familles du Québec s’est intéressée aux liens entre la dépression postpartum et la pratique parentale, et c’est ce sentiment qui ressort comme le facteur le plus fortement associé aux symptômes dépressifs parmi ceux examinés.
Surtout, la relation est bidirectionnelle: les symptômes dépressifs sont liés à une diminution du sentiment d’efficacité parentale, mais un sentiment d’efficacité plus faible est lui-même associé à davantage de symptômes dépressifs.
Cette étude a été effectuée par Élisabeth Morin, alors étudiante au doctorat dirigée par Natalie Castellanos Ryan, professeure à l’École de psychoéducation de l’Université de Montréal. Elle visait à mieux comprendre la symptomatologie dépressive maternelle et les effets modérateurs de l’allaitement et du soutien du partenaire.