Les gènes et l’environnement en cause
L’expert en neuro-imagerie populationnelle a enrichi ses connaissances au fil de ses quelque 30 années de recherche sur le fonctionnement du cerveau humain et les facteurs qui altèrent son développement. Il a ainsi contribué à démontrer que la probabilité de souffrir d’un trouble de santé mentale augmente sous l’effet d’une combinaison de facteurs génétiques et environnementaux.
Tomas Paus s’affaire maintenant à trouver comment minimiser leurs répercussions sur la maturation du cerveau, en particulier pendant l'adolescence. «On ne peut rien contre les gènes. Mais on peut agir sur l’environnement, que ce soit la famille, l’alimentation, les inégalités sociales, la pollution, etc., par exemple en augmentant les espaces verts, en offrant à chacun la possibilité d'aller à l'école ou en apportant du soutien aux personnes susceptibles de développer un trouble de santé mentale en raison de leurs antécédents familiaux», illustre-t-il.
Dans leur laboratoire de neurosciences des populations, au Centre de recherche Azrieli du CHU Sainte-Justine, un établissement de Santé Québec, le chercheur et son équipe utilisent des technologies issues de la neuro-imagerie, de la génétique et de l'épidémiologie.
«Notre travail est hautement collaboratif et interdisciplinaire», dit celui qui vient de faire l’acquisition d’un appareil portable d’imagerie par résonance magnétique – le tout premier du genre au Québec – pour mesurer la courbe de croissance du cerveau de jeunes enfants issus de divers quartiers. «Durant les deux premières années de vie, le cerveau double de volume. Les données obtenues sur le terrain, avec l’accord des parents, nous permettront de déterminer quelles caractéristiques du quartier sont favorables au développement cérébral et lesquelles sont néfastes pour la santé des habitants. Ultimement, ces données serviront à cibler des milieux d’intervention», poursuit-il.
Il participe aussi à un projet de recherche sur les effets du cannabis sur le cerveau des jeunes, plus précisément sur le lien entre consommation précoce et psychose. «Je suis chargé notamment de l’harmonisation des mesures et de la mise en commun des données», explique le professeur.