L’influence du niveau de scolarité, du milieu de vie et de la numérisation
Stéphane Moulin est ainsi parvenu à tirer trois grandes conclusions des données.
«D’abord, les résultats confirment la théorie de l’omnivorisme tout en montrant que le capital culturel – le diplôme – est plus important que le capital économique pour expliquer qui participe à quelles activités. En effet, il y a d’un côté des univores – qui sont peu diplômés –, dont les activités tournent essentiellement autour de la télé ou de la radio, et, de l’autre, les omnivores, qui possèdent majoritairement un diplôme et qui ressentent la pression sociale de devoir tout faire et tout voir pour être dans le coup», dit le professeur.
Deuxièmement, les personnes vivant en milieu rural (moins de 1000 habitants) tendent à être légèrement plus engagées que les urbains dans les activités de plein air, en particulier la chasse, la pêche et les activités motorisées, mais moins dans les activités culturelles.
«En troisième lieu, le passage à la numérisation et l’augmentation des activités de plein air semblent avoir exacerbé le fossé entre les générations plus âgées et les plus jeunes», ajoute le chercheur.
Il est une autre conclusion qui a suscité la surprise chez Stéphane Moulin: la conscience écologique n’est le propre d’aucun groupe!
«Il existe une nouvelle littérature qui parle de l’habitus écolo et je m’attendais à trouver une catégorie de gens qui auraient pratiqué exclusivement des activités de plein air respectueuses de l’environnement, mais ce n’est pas le cas, commente-t-il. Les omnivores urbains sont ultraconnectés et pratiquent toutes les activités, y compris les activités motorisées, la pêche et le vélo de montagne.»